‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 78 sur 196 · Chez Schiefner, 232. Comp. Mafidoaslu l, p. 338, et suiv · texte numérisé non relu

Chez Schiefner, 232. Comp. Mafidoaslu l, p. 338, et suiv

3. Ce root est un des nombreux vocables mal faits qui se trouvent dans les écrits des Septentrionaux; ils doivent leur origine à une mauvaise translation de mots prâkrits en sanscrit. La vraie forme est Upavasatha, en pâli Uposatha.

LE BUDDHA 28i

suite de 1.406.379 rois *. Du temps du roi Krkin, notre Seigneur le Buddha était disciple du Buddha Kâçyapa *. A partir du lils de Kfkin, Sujâta, il y eut 100 rois. Puis vint le roi Karnika à Potala.

Karnika eut deux fils : Gotama et Bhâradvâja ; le premier entra en religion sous la direction d'un Sage, nommé Noirdc-couleur; le second devint roi. Sur Tordre de ce roi, Gotama, bien qu'innocent fut lié à un pieu *. Le sage Noir- 244 de-couleur, qui avait l'habitude de lui rendre visite de temps en temps, ne le trouva pas dans son ermitage, mais le vit, lié au pieu. Au même moment, Gotama changea la couleur noire du Sage en une couleur dorée et lui demanda ce qu'il voulait. Le Sage, convaincu que l'extinction de la race royale serait un désastre, conseilla à Gotama d'avoir des enfants, et au môme moment, il fit tomber une pluie qui rafraîchit le corps de Gotama. Le souvenir et la force virile lui revinrent alors; le sens génésique s'éveilla, et un mélange de sang et de gouttes brillantes ' tomba sur la terre. De là se formèrent des œufs qui furent couvés par la chaleur du soleil, de sorte que deux petits garçons * en sortirent. Ces petits garçons se cachèrent dans un bosquet de cannes à sucre, mais Gotama mourut par suite de la chaleur des rayons

4. Ces rois correspondent naturellement à autant d'époques — jours, heures ou minutes, etc. Nous n'avons pas réussi à décomposer le nombre en des facteurs qui pennettcnt de retrouver la base du calcul. 11 ne faut cependant pas croire que ces sortes de nombres soient de pures fantaisies, bien qu*ili n'aient rien de commun avec l'histoire : ils sont d*une nature purement astrologique, ou, si Ton veut, astronomique.

5. H faudrait plutôt lire Kaçyapa; c'est la personnification du crépuscule, de la vague époque préhistorique, et en même temps, par une conséquence naturelle, le créateur d'un nouvel Âge du monde.

1 . Les m(»ts qui signifient » sang », signifient en général « substance colorant«> », de sorte que la couleur désignée peut aussi bien être gris&tre que rouge.

2. L(>s deux Açvin<«, et, comme les traits principaux du mythe paraissent être très nnriens, les deux Punarvasus, le Castor et le Pollux des Grecs, lei Jumeaux du Zodiar{uc.

solaires. Noir-de-couleur, qui découvrit les deux enfants dans le bois, les prit avec lui, leur donna une nourrice et les éleva. Comme ils avaient été couvés par la lumière solaire, on les dit « nés de la race du Soleil » et Gautamas parce qu'ils descendaient de Gotama. L'aîné devint roi après la mort du roi Bhàradvâja. Après sa mort, son frère cadet, Ikshvàku, lui succéda, dont les descendants, au nombre de cent, régnèrent à Potala. Le dernier fut Virûdhaka, qui eut quatre fils, dont l'un s'appelait Nûpura (?). Vasishtha, fils de Nûpura, nomma un de ses fils roi deKapilavastu, et se rendit lui-môme au pays des Mallas et de Vaiçàll, où il devint Tancôtre des Mallas et des Lichavis. De son fils, établi à Kapilavastu jusqu'à Dhamvadurga on compte 53112 rois. Dhaip- 243 vadurga eut deux fils, Simhahanu et Simhanâda ^ * Le premier eut quatre fils : Çuddhodana, Çuklodana, Dronodana et Amrtodana ; et quatre filles : Çuddhâ, Çuklâ, Dronâ et Amrtà.

Il est évident, dès le premier abord, que, dans ce cas particulier, la tradition méridionale est moins bonne que celle des Septentrionaux. L'explication grammaticale deGautama, dans la biographie tibétaine, est parfaitement exacte : le mot signifie : « de la race de Gotama ». Nous ne pouvons pas déterminer avec toute l'exactitude désirable quelle est la véritable nature de ce Gotama. Ce qui est certain, d'après les données qu'on possède sur le caractère essentiel du personnage, c'est qu'il doit ôtre quelque étoile particulièrement brillante qui, par ses rayons, transperce la brume du matin et annonce, dans noire légende, un nouveau jour, une nouvelle époque. Dans le Mahà-bhàrata*, ilfait partie, avec Bharadvûja, Kaçyapa, Vasishtha, etc., du groupe des Sept Sages, qu'on identifie d'ordinaire avec les étoiles de la Grande Ourse, mais

3. Ce Doin a le milite sens que celui de Simhasvara, que nous avons rencontré plus haut dans la tradition méridionale. 1. Mil, 4490.

CC qu'il révèle lui-môme sur sa nature ne s'accorde pas bien avec cette explication ; il dit, en effet : « Je suis Gotama ; les rayons qui sortent de mon corps dès que je suis nd, chassent Tobscurité. » Or, les Sept Sages ont aussi le caractère de patriarches ou de créateurs du monde, c'est-à-dire de personnifications d'époques déterminées, ou, plus exactement, des corps célestes qui, d'une façon ou d'une autre, annoncent de pareilles époques, les inaugurent, pour ainsi dire. Le fait que Gotama périt à la chaleur croissante du soleil, prouve avec certitude qu'il est un phénomène lumineux qui faiblit devant la lumière plus puissante du soleil, mais on peut appliquer l'expression aussi bien à une planète qu'à une étoile fixe et môme au matin. Nous croyons qu'il faut l'identifier avec la première lueur matinale, le soleil qui annonce par des raies lumineuses à Thorizon sa venue prochaine. Il n'est cependant pas impossible que la légende bouddhique ait confondu Gotama avec Brhaspati, la planète Jupiter, et particulièrement dans la position où il inaugure une nouvelle époque, comme étoile du matin. D'après la chronologie astrologico-mythique des Indiens, l'Age d'Or commença le jour de nouvel an, au moment où le Soleil, la Lune, * la planète Jupiter et l'étoile 246 Pushya ou Tishya * étaient en conjonction. Nous vivons au quatrième âge du monde, que les Indiens appellent d'ordinaire Kaliyuga ou Tishya, mais les Bouddhistes Bhadrakalpa. Bien que le commencement du dernier siècle ou âge du monde soit placé par les Bouddhistes beaucoup plus tard que le commencement du Kaliyuga par les autres Indiens, hluulra et tisfiya n'en sont pas moins synonymes et comme Tishya, d'autre part, est identique à Kaliyuga, Bhadrakalpa et Kaliyuga sont la môme chose. Tous les deux sont, pour ainsi dire, une nouvelle édition de l'âge d'or, et Gautama,

1. L'j'toilp 0 lie l'Kcrcvisse. L'Age d'Or commença, par conséquent, si nous admettons le 21 mars comme jour du nouvel an, vers Tan 7000 avant J.-C. Tishya est, chez les Bouddhistes, une «'toile particulièrement sacrée ; d'après le I/ilitavistnva, c'est sous Tishya qu'eut lieu la conception duBodhisatva.

qui inaugure le Bhadrakalpa, est appelé ainsi en sa qualité de forme rajeunie, de descendant de Gotama, qui inaugure TAge d'Or. Nous répétons que, selon nous, Gotama est le soleil sur le point de paraître et Gautama une forme postérieure du dieu solaire *.

Dans un sens figuré, nous trouvons le nom de Gautama « fils ou descendant de Gotama », appliqué à une ou plusieurs classes de personnes, comme nous disons a fils d'Esculape », « fils de Mars », « fils des Muses », etc. En premier lies, Gautama, ainsi que nous le savons par Lalitavistara * est le non d'un ordre monastique. Gomme chaque ordre se distinguait des antres par des signes particuliers {lingin « porteur d'un signe distmctif» est un des mots habituels qui signifient « moine »), on pouvait, sans tomber dans l'absurdité, faire donner le nom de Gaolama au Bodhisatva, pendant sa seconde période, par des gens qui ne connaissaient pas son origine, bien que la véritable intcnUondu narrateur, en l'appelant Gautama, fût différente. En outre, gautama semble avoir signifié, plus généralement, un dialecticien, étudiant scolastique, disputeur, ce qui s'accorde avec le fait que la dialectique a pour père Gotama. Enfin, une famille 247 brahmanique prétendait descendre de Gotama *, avec autant de droit — si l'on comprend ce que parler veut dire — que les dynasties indiennes et autres, qui faisaient remonter leur généalogie au Soleil et à la Lune.

D'après le peuple d'où le Bodhisatva était originaire, on l'appelait Çâkya *. Au premier abord, le mot semble signifier « appartenant aux Çakas ». Les Persans et Indiens donnent le nom de Çaka à toutes sortes de tribus nomades, que nous

2. Gautama s'appelle aussi Âdityabandhu, « apparenté au soleil », semblable au soleil; entre autres Cullavaggay 12, 1, 3; Wilson, Select Works, 11,9.

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