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1. De là les surnoms poétiques Çàkyamuni et Çàkyasimha, en pAli Sakyamuni et Sakyasfha, tous les deux aussi fréquents dans les écrits des Bouddhistes du Nord qu'ils sont rares chez ceux du Midi.
LE fiUDDHA 2S5
appelons, en nous servant d'une forme grecque, des Scythes. D'autres noms de ces peuples, tout aussi peu déterminés que Çakas et Scythes, sontHims, Turaniens, Turks ou Turushkas. Tous ces noms historiques servent, dans les légendes de nos ancêtres ariens, à exprimer l'idée de « fils de l'obscurité », de « Niebelungen ». Ces peuples qui, aussi loin que nous pouvons suivre l'histoire, ont toujours demeuré au Nord-Est des Ariens, sont considérés comme des fils de Bélial, les Ariens étant fils de la lumière. De même que le Siegfried germanique vient du pays des Iluns mais se manifeste graducllcmont comme un magnifique héros solaire et tueur de dragons, de même Siddhàrtha est originaire du pays des Çàkyas, pour devenir plus tard un Gautama, un enfant de la lumière et arriver à la fin au réveil complet. La biographie du Seigneur montre suffisamment que les Çâkyas sont de véritables fils de la Nuit, de vrais obscurantistes. On pourrait donc, à bon droit, leur donner le nom de Niebelungen et comme Çakas et Huns ne sont que des noms différents pour des gens de la même race, les Çâkyas pourraient s'appeler des « héros hunniques ». S'il y a eu réellement, au v* siècle avant J.-C. ou encore plus tôt, au Nord de l'Hindoustan, sur le versant méridional de l'Himalaya, où l'on place Kapilavastu, un petit royaume de Çakas, voilà ce qu'on ne peut prouver avec certitude, car, en dehors d^es l(%endes bouddhiques, il n'en est jamais question. Comme cependant dans le Nord de ces régions montagneuses, près du territoire indiqué comme pays des Çàkyas, il y avait des Çakas ' *, il 248 n'est nullement impossible qu'une tribu se fût établie plus au
2. Sur une des sculptures de Dharhut (voir le général Cunningham, Stûpa of Dharhut, pi. XXX) on trouve, comme légende de la représentation de l'arbre Bo, les mots : Bharjavato Sakamunino bodhi « Arbre de la Science de Çâkyaniuni». Comme, dans ces textes, le redoublement des voyelles n'est pas exprimi*, Snka pourait Hve mis ici en place de Sakka, forme qui est aussi connue en pÂli comme doublet de Sakiya (Çâkya). Cependant cette hypo« thèse n'est pas nécessaire.
Sud. — Une autre question, c'est de savoir si Ton ne donnait pas à Çûkya un sens étymologique qui le rattachait à çaka <i puissance », et autres vocables apparentés. C'est un point que nous pouvons laisser de côtd, Texamen nous entraînerait trop loin sur le domaine de la mythologie comparée.
Quant à la capitale des Çâkyas, la célèbre ville de Kapilavastu, les renseignements que nous avons sont quelque peu contradictoires. Le pieux pèlerin chinois Iliuen Thsang, qui voyagea dans Flnde de 629 à 645 après J.-C, visita aussi Tendroit où, selon la tradition, se trouvaient les ruines de Kapilavastu. Voici ce qu'il dit de cette visite * :
« Le royaume de Kapilavastu a environ 4000 H de tour. 11 y a là dix villes abandonnées, qui offrent un aspect sauvage. La ville royale est en ruines et Ton ne sait plus quelle était rétendue de son circuit. Le palais, qui existait dans rintérieur de la capitale, avait de 14 à 15 /e de tour et était tout entier construit en briques. Les restes en sont encore hauts et solides, bien qu'il soit désert depuis des siècles. Les villages sont médiocrement peuplés. Il n'y a pas de roi; chaque ville a un chef particulier. Jadis, il y avait environ 1000 couvents, dont il reste des ruines ^ »
En outre, le voyageur chinois parle d'un couvent établi à Kapilavastu , avec une trentaine de moines ; de quelques lieux consacrés, comme la chambre à coucher de Mâvâ, où Ton avait érigé une statue on son honneur ; de Tendroit où le IJodhisatva était descendu dans le sein de sa mère, etc. '. 249 * Le récit de rhonn(>te Chinois prouve évidemment qu'il a vu les restes d'une ville qui, selon l(»s traditions, aurait
J. Staii. Julien, Voi/nrjes des pèlerins houddh.^ II, 309.
i. La ville, eu effet, avait été détruite mille ans auparavant.
W. S(>us la forme d un éléphant blanc, couuue on sait. Une représentation tivs réussie de l'éléphant se trouve sur un bas-relief de Bharhut, avpc l'inscription : Bhagavafo okratUi, » la conception du Seifjneur ». Contraireunmt au récit du Lalitavislara, 03, l'éléphant n'est représenté qu'avec deux diMenses : d'après le Lof. il en avait 0.
jadis été Kapîlavastu. Cette tradition mérite-t-elle une confiance absolue — voilà ce que Iliucn Thsang pouvait aussi peu savoir que nous aujourd'hui. Cependant, nous voulons admettre, pour les besoins de la discussion, que la ville de Kapilavastu fut placée à Tendroit indiqué; reste à savoir où le voyageur a réellement été. Le résultat auquel Stanislas Julien * croyait pouvoir arriver, était que les ruines étaient situées non loin de la ville actuelle de Gorakhpur, sur la rivière Rohinî ou Rivière Rouge, qui a sa source dans les monts du Népal et se jette dans la Raptî un peu au-dessus de Gorakhpur. Les renseignements tibétains placent la ville tantôt sur la Rivière Rouge, tantôt sur la Bhâgirathi *. Dans la légende, comme nous Tavons vu, la Rivière Rouge sépare le territoire des Çàkyas de celui des Koclyas. — Nous nous abstiendrons de nouvelles réflexions sur ce sujet, laissant au lecteur la liberté de tirer ses propres conclusions.
Une question plus obscure encore que la situation de Kapilavastu est celle qui concerne ce qu'on appelle l'année de la mort du Tathàgata. Inutile de dire que nous ne pouvons trailer ici un tel sujet à fond. Notre but est de faire ressortir simplement que la question est plus compliquée que bien des gens ne le croient. On peut simplifier considérablement le problème en choisissant une des dates très divergentes qui nous sont proposées, mais celte façon de procéder n'explique ni n'écarte le fait qu'il existe à ce sujet une si grande différence d'opinion chez les Houddhistes eux-mêmes.
Il y a quelques années, on a découvert trois inscriptions très importantes, datant des dernières années du règne du roi Açoka '\ * Parmi les édits de ce roi qui nous sont parve- 250