‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 81 sur 196 · Dipavam&a, VI, 1 : Mahâvamsa^ V · texte numérisé non relu

Dipavam&a, VI, 1 : Mahâvamsa^ V

LE fiUDDHA 239

pour désigner le Buddha, on se sert, dans ces inscriptions, d'un mot tout aussi équivoque, * à savoir vyutha ou vivutha. 251 Ce mot peut signifier « en route pour Tétranger, parti », aussi « ayant séjourné », et enfin « éclairé par la lumière du jour, clair » '. Le dernier sens correspond à buddha^ c< éveillé », surtout si Ton l'applique au soleil ou au jour, et comme Vyutha désigne le Buddha, il est naturel de supposer que le sens qui convient ici est celui d'après lequel le mot est simplement synonyme de buddha. Quand on se rappelle, en outre, qu'un des noms habituels du Dieu du jour est Yivasvat, dérivé du même vivas a poindre (dit du jour), devenir clair », on reçoit l'impression que satavivâsa est un vieux mot pour exprimer « le commencement d'une nouvelle période ». Pour Açoka, lui aussi, ce vivâsa était indubitablement le commencement d'une nouvelle ère de salut, mais il semble qu'il faille de nouvelles preuves pour admettre qu'il ait commencé, à calculer une ère de salut à partir du décès de celui qui ouvrit cette ère longtemps avant s^ mort *.

L'accord entre les éléments de la chronologie singhalaise et celle d'Açoka s'explique par l'influence que ce pieux roi du Magadha et son fils Mahendra ' ont eue sur la conversion do Ceyian ; les différences ne sont pas assez grandes pour

1 . En sanscrit, vyutha^ vivutha à, dans le premier sent, la forme vyuthila, dans le second, la ni^me forme ou vyushta^ dans le troisième vyuthtq. En pâli on dit vuttha^ même dans les cas où le sanscrit a uahxta,

2. Dans un cas, il est parfaitement indifférent qu'on comprenne vwâia dans le sens de • départ » ou dans celui d* « aurore » : si Ton voit avec noua dans le Buddha le dieu de Tannée. En effet, la différence entre vivAsa^ dernier moment de Tannée ancienne « et vivâsa », premier moment de l^an* n«?e nouvelle est = o. Nous croyons que le terme a été choisi exprès, tout comme vyutha, vivutha^ qui signifie aussi bien « levé •^bvddha^m que « parti», mukla. Lunité supérieure des idées mukla (qui signifie en mAme temps arhat] et buddha était indiquée ainsi de la façon la plus ingénieuse et la plus ésotérique.

3. Plus tard, à pr(»poa de Thistoire ecclésiastique, nous reviendrons sur retfo activité de Mahendra.

qu'on ne puisse les expliquer par une erreur involontaire ou par le désir de mettre la chronologie des rois de Geylan en rapport avec le commencement de Tère de salut.

Il en est tout autrement des données très divei^entes 252 fournies par les Bouddhistes du Nord. * Hiuen-Thsang, qui parle des dififérences d'opinion au sujet de la date exacte du Nirvana, dit que, de son temps, quelques-uns croyaient que 1200, d'autres que 1300, d'autres que 1500 ans s'étaient écoulés depuis la mort du Tathâgata ; d'autres croyaient que cette mort avait eu lieu moins de 1000 mais plus de 900 ans avant son temps. Ces chiffres correspondent à 552, 652, 852 et à une époque entre 352 et 252 avant J.-C, d'après le calcul de Stanislas Julien *. — Le voyageur dit encore avoir vu, près d'un slûpa à moitié ruiné dans les environs de Kuçinagara (pâli : Kusinârâ), une colonne de pierre, avec une inscription, commémorant les événements qui curent lieu lors du Nirvana. Malheureusement, le document ne contenait pas la mention du jour et du mois de Tévénement et naturellement pas non plus celle de Tannée, car la colonne — c'est ainsi du moins que le pèlerin semble s'être représenté la chose — avait été érigée très peu de temps après l'événement.

A ce que dit Hiuen-Thsang, nous pouvons encore ajouter que, d'après une prédiction du Tathâgata, Açoka paraîtrait cent ans après sa mort *. Nous passerons sous silence d'autres indications divergentes d'auteurs chinois et japonais, do même que la date donnée par le chroniqueur du Kashmir, Kahlana.

Il est inutile de montrer que les différences sont beaucoup trop grandes pour qu'on puisse y voir la conséquence d'une façon inexacte de déterminer la longueur de l'année et de concordances chronologiques imparfaites qui en seraient la

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