‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 84 sur 196 · LE BUDDHA DU DOGME · texte numérisé non relu

LE BUDDHA DU DOGME

Afin de déterminer la place qu'occupe le Buddha dans la croyance de TEglise, nous devons connaître les propriétés qu^on lui attribue. Comme la conception de Buddha n'est pas restée identiquement la même, il serait désirable, ou même nécessaire, d'en esquisser révolution, mais le temps pour un travail pareil n'est pas encore venu.

De tout ce qui nous est dit du Buddha, les savants européens tirent à peu près unanimement la conclusion qu'il est toujours représenté comme un homme *. En effet, il est indéniable * que le dogme ecclésiastique le représente comme un 264 homme, mais les faits que l'Eglise elle-même reconnaît comme authentiques sont absolument en contradiction avec ce caractère humain. Tous les dieux sont représentés plus ou moins comme des hommes; il n'est même pas rare de voir mentionner des dieux morts, comme Balder et Adonis. L'histoire de toute mythologie nous apprend que les dieux sont de plus en plus assimilés aux hommes, jusqu'à ce qu'il vienne a la fin un Evhémère, qui déclare qu'ils étaient simplement des hommes du vieux temps. Mais le fait que les Evhéméristes regardent Jupiter comme un ancien roi, ou que Snorre

2. Par cxomple, K(pppcn, Die Religion der Buddha^ p. 431. « Der Buddha iit, wic wir schoii wissen, immer ein Mensch, kein Gott, und zwar ein Mann, keiiie Frau. Die Thatsache der Menscblichkeit ÇAkyamunis steht so fest, dass selbst (lie spœteste Legende und Scholastik es nicht gewagt hat, ihn xum Gott zu sterapcin. u

Sturleson soutient que Odhin et les Ases sont des chefs d^origine étrangère, ce fait ne prouve pas que Jupiter et Odhin ont été réellement des hommes. Nous croyons pouvoir conclure de quelques phrases des inscriptions d^Açoka ' que rindc aussi a eu ses Ëvhéméristes. Une fois il dit : « Ceux qui, de ce temps ', étaient des dieux véritables dans le Jambudvipa (rinde), sont devenus fictifs ' ». Ailleurs, il déclare : « Et les dieux réellement existants pendant cette période dans le Jambudvipa étaient des hommes transformés par erreur en dieux (ou : considérés par erreur comme des dieux) )).

Nous voyons donc qu'Açoka déclare, de son plein pouvoir, que les dieux sont des hommes. Pourquoi la Congrégation, dans la plénitude de sa sagesse, n'aurait-ellc pu faire la même chose? Elle avait pour cela la compétence nécessaire, de même que ceux qui sont en dehors de l'Eglise ont le droit de ne pas se soucier de son décret. Même si nous admettons que la dogmatique bouddhique considère le révélateur du Dharma comme un homme, nous ne disons pas pour cela qu^elle ne lui accorde que cette qualité, car nous distinguons les hommes et personnifications. Que le Buddha ne ressemble pas plus à un homme que le premier dieu venu, cela ressort de toute la légende et des titres qu'on lui décerne, 265 comme * « dieu souverain des dieux * » et d'autres semblables. Au surplus, nous citerons encore un morceau emprunté à un ouvrage des Bouddhistes méridionaux '. <( A une certaine occasion, Gautama-buddha, révélant

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