‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 94 sur 196 · Uodgson, Essaya · texte numérisé non relu

Uodgson, Essaya

dit : (1 Les Lamas sont d'accord avec nous en ce qui concerne les honneurs rendus aux sept Buddhas, mais ils vont plus loin et ils soutiennent qu'ils (les Lamas) sont eux-mêmes des Avatàras. » Les raisons sur lesquelles s'appuie l'opinion des Lamas ne sont pas dites, mais elles sont faciles à deviner. Il est probable qu'ils sont d'avis que tous les fitres pensants sont des manifestations de la Raison, considérée comme force de la nature ; que, par conséquent, au fond, tous ces êtres sont buddhay doués de raison; que cependant ceux chez qui la sagesse se manifeste de la façon la plus lumineuse, peuvent être dits buddhas par excellence. A un tel point de vue, ces Lamas n'ont aucune raison pour dénier une existence réelle à Çâkya et aux six autres Buddhas, mais il est évident que ceux-ci ne peuvent plus être considérés comme jouissant d'une supériorité et d'une excellence extraordinaires.

Un peu différente et encore plus raffinée est la théorie des Màdhyamikas, * la fleur de la philosophie bouddhique. Ils 276 donnent à la maxime « tout est vain » {sarvam çûnyam) non seulement le sens que tout, dans ce monde, est vanité, mais encore que tout est néant; ils nient l'existence, l'être. Tous les phénomènes, toutes les choses, tous les êtres, ne sont qu'une illusion, et dans ce sens, on peut dire que tout a une existence illusoire, semblable h ce qu'on voit, c'est-àdire croit voir, dans un songe ^ La conclusion inévitable c'est que pour eux le Seigneur Buddha, lui aussi, n'est qu'un nom. Cette conviction se trouve ouvertement exprimée, entre autres en ces termes : « Il n'y a dans le Tath&gata, en tant qu'il s'est révélé comme Buddha en obtenant la suprême et parfaite Bodhi, pas la moindre existence réelle *. » En langage ordinaire : « la sagesse parfaite n'existe que comme abstraction ou illusion ' ».

\ . Sarvadarçana Sangraha^ 15 ; Vassilief» Der Buddhismus, 348. Les Méridionaux, eux aussi, nient l'existence du monde» du nom et de la forme; voir, entre autres, Bigandet^ II, 239.

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