‹ Histoire du Brésil français au siezième siècleChapitre 32 sur 40 · AU CARDINAL DE LORRAINE · texte numérisé non relu

AU CARDINAL DE LORRAINE

Monseigneur, ce n'est que pour ne faillir à ma coustume de vous escripre toutes les sepinaines que ie vous fays ce mot de lettre ; car il n'est survenu aulcune occasion d'escripre despuis mes dernières lettres, nous estans attendus que le Turc commence à désarmer et se retirer pour fayre le semblable et lui, ce semble, estant touché de ceste mesme considération, nous fayet ici fayre séjour. L'on me dit hier chez l'Empereur que ledit sieur Turc a fayet construire grand nombre d'escuries pour chevaulxet cameaulxà Bude, et qu'il a feit renforcer la garnison de Strigonia, qui est aulx ungs signe de retraytte, aulx aultres de vouloir hyberner à Bude, aulx quels ie n'adhère, parce qu'il est novelle du tumulte des Gymariotes , c'est à dire Albanois de l'Epire, qui se sont rebellez ; pour aulxquelz obvier est à croire que le Turc yra hyberner à Andrinopoli. Monseigneur vostre nepveu se porte

(i) Plombières.

(2) Bibl. nat. Collection Dupuy, vol. oi(J, fol. 33. ro.

(3) Charles de Lorraine (1525-1574).

très bien, corne aussi fort tous les aultres. Il vouldroyt que l'on ne partyst d'ici de tout l'hyver, tant il se fasche peu. le n'ayà dire aultre chose, sinon, Monseigneur, que ie supplie le Créateur vous donner en heureuse et longue vie l'accomplissement de voz très nobles désirs.

Du camp soubz Iavarin, le XI octobre 1566.

Votre très humble et très obéissant serviteur,

VlLLEGAIGNON.

Lettre XIV (1).

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