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170 HISTOIRE DU BRÉVIAinE ROMAIN
dans cet ordo il Tait, lui aussi, figurer des hymnes, dont il a soin de donner les premiers mots en guise de litre. Nous y retrouvons le Deua creator omnium et le Jam surgit hora lertia de saint Ambroise. A la suite les ambrosiens anonymes que voici :
FulgenUs au,
:tor aetheris.
Jam aexta se
•nsim volvitur.
Ter hora trù
ta volvitur.
Deus qui cer.
tis legibus.
Splendor pateniae gloriae.
Aelerne lucis conditor.
O rex aeterne domine.
Hic est dies verus Dei.
Magna et mirabilia.
Ne croyez pas que pareille collection d'hymnes n'ait été reloue que dans les monastères gallo-romains. Dès 567, c'esl-à-dire quinze ans après la morl de saint Aurélien, un concile tenu à Tours parle des « hymnes ambrosiennes reçues dans le canon «, — c'est-à-dire, on peut conjecturer, mises à la suite des psaumes, — et qui se chantent à Tours. Il ajoute qu'il n'y a pas lieu de s'en tenir aux seules hymnes ambrosiennes; car, du moment qu'il en existe d'auteurs autres que saint Ambroise, et que ces hymnes sont assez belles pour mériter d'être chantées, il convient de les recevoir [volumus libenier amplecti eos], à la seule condition que les noms de leurs auteurs soient inscrits en tète de chacune d'elles ^ . Les clercs de
1 , Manal, t. IX, p. 803 : ce Licet hjmnos ambrogianoB habeamui in cononc, tamen quoniom reliquorum sunl aliqui qui dîgni saut forma cantnri, Tolumua libenier ampteclî eos praeterea quorum
D,y.,...j.,COOl^k"'
l'office moderne et les bréviaires 171
r de Tours chantaient donc des hymnes à l'office canonique, aussi bien que les moines d'Arles.
En un demi-siècle, l'innovation de saint Benoit avait fait tout ce chemin. Toutefois, l'exemple donné par l'Église de Tours n'était pas sans rencontrer en mainte Église une résistance déclarée. C'étaità cette innovation que faisait allusion le concile de Braga, en 563, quand il proscrivait de l'office canonique des clercs « les usages, soit privés, soit monastiques, que l'on tentait d'introduire dans l'usage traditionnel des Églises « ; et, plus précisément encore, quand il interdisait de rien chanter de poétique dans l'assemblée des fidèles : « NU poetice compositum in ecclesia psallatur, sicut et aa/icli praecipiunt caiwnes * . » Cette résistance, faite ainsi au nom de la tradition liturgique, tenait encore ferme au siècle suivant. On en peut juger par l'énergie avec laquelle le concile de Tolède de 638 la condamne; Nous possédons, y est-il dit, quelques hymnes composées à la louange de Dieu, des apôtres et des martyrs : telles sont les hymnes des bienheureux docteurs Hilaire et Arabroise. Et ces hymnes sont réprouvées par quelques personnes, sous prétexte que l'on doit recevoir dans la liturgie le texte seul de l'Ecriture sainte. Mais, leur objecte avec grande raison le concile, que diront-elles du Gloria Patriî Et du Gloria in excelsis 7 Et des leçons de l'office? Et des collectes? Donc, il ne faut pas plus condamner les hymnes que les oraisons, et, en cela, la Guule et l'Espagne doivent avoir le même usage : « Sicui igitur oraiiones iia et hymnoa in laudent Dei compositos nullus veslrum ullerius improbet, sed pari modo Galiia Hispaniaque celebret ; >
i, t. IX, p. 778.
plectendi qui hymnos reicere fuerint ausi*. n C'est dire qu'au vti' siècle, les hymnes avaient cause gagnée en Gaule et en Espugne -. elles ne diapariirent de l'ancien office gallican qu'avec cet office lui-même, au temps de Charlemagne, sous l'influence de la liturgie romaine.
L'Église romaine, en effet, s'en était fermement tenue k la discipline du concile de Braga, à l'ancienne discipline : « Nilpoettce compositum in ecclesia psallatur, sieul et sanctipraecipiunt canones'. » Et, sur ce point, l'Eglise romaine fut inflexible jusqu'à la fm du xii* siècle : le chanoine Benoît et Cencîus, non plus qu'Amalaire ni le Micrologus, ne mentionnent d'hymnes dans l'ofiîce romain, L'antiphonaire de Saint-Pierre, au xii' siècle, indique le Te lucis anle termtnum comme étant chanté à compiles. De même, il indique le Nunc sancle nobis spiriius comme appartenant à tierce. Mais, au moins pour ce dernier, la rubrique est décisive ; « In ckoro hune lit/maum non dicimus, sed in alîis oraloriis decao" tamiis^. B L'antiphonaire de Saint- Pierre n'a pas d'autre mention d'hymnes.
Cependant l'hymnaire bénédictin s'était développé et constitué*. Au xi' siècle, il comportait une hymne invariable à chacune des petites heures : le Jam lucis orto sidère à [irime; le Nunc sancle nobis spirttus, à tierce ; le Hector potens verax Deua, à sexte ; le Rerum