L OFFICE MODERNE ET LES
La modification du calendrier, l'abréviation du lecionnaire, l'adoption de l'hymnaire monastique sont les rois caractéristiques saillantes de l'office moderne non 'omain. Il reste à signaler quelques détails propres lussi à cet office moderne , et dont il fera la fortune : 'entends le symbole Quîcunque vult, les suffrages que nous appelons Commemorationes, l'office quotidien de la sainte Vierge, l'office quotidien des défunts.
La question de l'origine du Quîcunque vult est une de celles qui ont été le plus débattues depuis deux siècles, sang qu'on soit arrivé à la tirer au clair. D'une part, il est indiscutable que ce symbole n'est point de saint Athanase ; et il est certain qu'il est d'origine latine, et, plus explicitement, d'origine gallicane. Mais, d'autre part, on est fort en peine de s'accorder sur l'époque où Il a été rédigé. Quelques critiques contemporains y ont vu une œuvre du temps de Charlemagne ou de Charles le Chauve ; d'autres, une œuvre du vi' siècle ; quelquesuns remontent jusqu'au V, M. Hamack distingue deux parties dans le Quîcunque vult : la première consacrée i la doctrine de la Trinité, la seconde exclusivement à l'Incarnation. Il pense que la première partie, laquelle est, selon lui, tributaire de la théologie de saint Augustin et de saint Vincent de Lérins, a dû être une profession de foi en usage chez les clercs et les moines de la Gaule méridionale en contact avec les Wisigoths ariens d'Espagne : ce qui nous reporte au v* siècle et à la première moitié du vi' siècle. Les clercs l'apprenaient par cœur, comme ils apprenaient par cceur le psautier. Un concile d'Autun, de 670 environ, est la plus ancienne
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attestation que nous ayons du Quicunque vuU. Il y est dit : B Si quis presbyter, diaconus, subdiaconus vel clerieus symbolum, quod inspirante saiicto Spiritu apostoli Iradiderunt, et fidem sancti Alhanasii praesulis irreprehensibiliter non recensuerit, ab episcopo condemnetur * . » Quant à la partie purement christologique du Quicunque vuU, M. Harnack en tient l'origine pour complètement obscure. Maïs elle ne saurait être qu' « antérieure au ix'aiècle* n, j'ajoute et probablement au Vit".
Ce vieux symbole gallican, que les clercs d'Autun au vil" siècle savaient par cœur comme l'oraison dominicale, et que l'on trouve dans les psautiers gallicans les plus anciens transcrit à la suite des psaumes et des cantiques, le Quicunque vult n'étHÎt pas reçu à Rome dans la liturgie. Ni Amalaire, ni le Micrologus ne le mentionnent. A prime, l'office romain fait réciter un symbole, mais c'est le symbole des apfttres, a creduUlas noslra quam sancti apostoli constituerunl, n dit Amalaire'.
Les Églises franques, au contraire, après avoir abandonné leur symbole sous l'influence des rubriques romaines, ne tardent pas à le reprendre. Hincmar, en 852, prescrit à ses clercs de Reims de le savoir par cœur et d'être en mesure de l'expliquer comme un catéchisme * : il ne donne point à entendre cependant que ce « sermo Atlianasii de fide cuius initium est Quicunque vult », comme il l'appelle, ait quelque place dans l'office. Haylon, évéque de Bâle ff 836), impose au contraire à ses clercs l'obligation, non seulement de