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l'office moderne et les bréviaires 191
avec ses neuf psaumes, ses neuf leçons et. ses neuf répons. — Saint Pierre Damien nous fournit la preuve que cet office quotidien des morts était, au xi* siècle, pratiqué en Italie comme en France, et que même certains clercs, trouvant trop lourd le devoir de réciter et l'office canonique du jour et l'oflice des morts, s'en tenaient à ce seul dernier plus court et plus facile. Il rapporte ce fait d'un « certain frère a qui avait accoutumé de n'user ni de l'ofBce du temps, ni de l'office des saints, mais seulement de l'office des défunts. Ce frère mourut, et, aussitôt qu'il parut devant le tribunal de Dieu, les démons lui reprochèrent avec force que a négligeant la règle de l'institution ecclésiastique, il avait refusé de rendre à Dieu les devoirs de la liturgie ordinaire, n Mais la vierge Marie, et, avec la o bienheureuse reine du monde, tous les chœurs des saints » intervinrent pour sauver l'âme de cet ami des morts '. C'est du moins ce que racontait ii saint Pierre Damîen un doux voyant, son ami l'évêque de Cumes, sans que ni l'un ni l'autre entendissent par là encourager la pratique de l'office quotidien des morts au détriment de l'office canonique, u ecclesiasticae inatUuUoitis régulant, n Autre légende du même temps. On racontait qu'un pèlerin d'Aquitaine, en revenant de Jérusalem, avait un jour perdu sa route et s'était trouvé aborder à une île déserte et désolée où un solitaire habitait. Le saint homme avait donné l'hospitalité au pèlerin égaré, et lui avait demandé, puisqu'il était d'Aquitaine, s'il connaissait un monastère qui s'appelait Cluny, et Odilon qui en était l'abbé. — Oui, avait répondu le pèlerin, — Ecoute donc, avait repris l'autre : nous sommes