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2. On IrouTera dana L. Hain, Reperiorium bibliographtcam (Stuttgart, 1826), un inTentHire desoriptif dea BrévioireB romamB imprimés antérieure ment à 1500 : Turin 1474. Veniao 1474,
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l'office modernb et les bréviaires 213
environs de l'an 1500 et ce Bréviaire de la cour romaine a luaiotenant trois siècles d'existence. Le vceu de Raoul de Tongres se réaliaera-t-il, et reviendra-t-on à la liturgie du huitième siècle ? Ou bien à des temps nouveaux donnera-l-on une eucologïe nouvelle ? Ou bien enfin ce livre du xiii' siècle est-il fait pour demeurer?
Lyon 1476, Naples 1477, Rome 1477, Venise 1477, Venise 1478, Venise iUrum 1473, Venise 1479, Rome 1479, Vaniee Henim 1479, Nonantola 1480, Venise 1481, Venise iUrum 1481, sine loco 1482. Veniael482, Venise ^«rui» 1482, Venise lerlio ï482,Nurember^l486, Venise 1486, Venise 1489, Venise 1490, Venise ileram 1490, Venise 1491, liae toco 1492, Pavîe 1494, Venise 1494, Venise Ueram 1494, Veiiiflc 1496. Brescia 1497, Venise 1497, Venise iUrum 1497, Venise tertio 1497, Turin 1499, Venise 1499 (Hain, n* 3887-3927).
L'humanisme, ce culte linéraire du paganisme littéraire, a reçu de Nicolas V droit de cité romaine, et il a régné avec Pie 11, ce pape virgilien. S'il inspire au sévère Paul II crainte et défiance, à Sixte IV, à Innocent VIII, il Alexandre VI quelque indifférence, à Jules II rien qu'une bienveillante indulgence, il retrouve du moins avec Léon X (1513-1521) toute la faveur pontificale. Erasme, qui a visité Rome en 1509, en garde toute sa vie un souvenir qui enchante son âme érudite et raffinée ; o Quant melliias eruditorum liominum confabulationes, quot mundi tumina ! o écrit-îl en y pensant, et il ;iime à rappeler de quelle estime il a vu entourer les H bonnes études » dans ce « paisible domicile des muses, patrie commune des gens de lettres ". Léon X,
1. Comme types du Bréviaire romain du xvt' siècle antérieur ù celui de saint Pie V, on consultera le Brcfiarlum romanam noviisime exactittima cura. Y. P. fratrît Gralit Ftltrt. [Mineur obierl'aaiia] emendalum, et dtligentUtime imprettuia non aine numerU ad omnia et ùi iptontel breviario el in tingulù biblie libria facillime infeaienda, atque. iaciiadiiaîmia imagiaibai excuUam... 1613(?); — le Breviarium tecuadam conaaeludinem Bomanae Curiae cam alih quant plarimii de nono iuperaddilia, Venise, 1503; — le Breriariam Romaitum de Caméra, oplime caaligaium et ila ordinatum ui omnia lui'i in lovia ainl potila, Veniae, 1550.
qui a pour secrétaires Bembo et Sadolet, « veut que ce qu'il a à entendre ou à lire soit exprimé en latin vraiment pur, plein de vie et d'élégance, jj Bembo n'a point d'autre idéal que d'écrire dans la formule de ce qu'un cardinal, Adrien de Corneto, appelle « le siècle immortel et presque divin de Cîcéron s>. La langue latine se renouvelle et tout ensemble la poésie et la rhétorique. Siinnazar, le a Virgile chrétien », aimé de Léon X et de Clément VII, fait chanter aux bergers de Bethlehem auprès de In crèche du Sauveur la quatrième églogue de Virgile. Un vendredi saint, en présence du pape, le prédicateur le plus renommé de la cour pontificale ne pense pouvoir mieux louer le sacrifice de la croix, qu'en racontant le dévouement de Décius et le- sacrilice d'Iphigénie ' , Aux yeux de ces raffinés, épris de cicéronianisme et de mythologie, quelle figure pourront faire nos vieux préchantres de Saint-Pierre, Catalenus, Maurianus, Virbonus? Au Juger d'un Inghirami, d'un Sadolet, d'un Bembo, de ce Bembo qui décidait son ami Longueil à ne lire que Cicéron pendant cinq années entières, quelle saveur peut avoir la latinité de nos antiennes, de nos répons, de nos leçons du Bréviaire, et toute cette littérature de scolastiques et de Mineurs ? A cette perfection morbide du goût littéraire la cour romaine va être tentée d'accommoder s L'initiative de ce dessein revient à Léon X, l'e à un évêque napolitain, compatriote de Sannazar, Zacharie Ferrerî, évêque de Guardia Alliera, l'impression à un libraire romain, l'approbation à Clément VII.
1. P. de Nolhac, Erainie en Italie, 1SS8, p. 76. J. BurclihBi'dt, La eiviiUalion en léatt'e au Umpa de ta Beaaiaaance, éd. franc, t. I. p. 277, 311-317.
On débute par un essai d'hymnaire. Ce n'est qu'un essai, mais qui prépare la publication d'un a bréviaire ecclésiastique rendu beaucoup plus bref et plus commode el purgé de toute erreur n {brev'tarium ecclesiaslieiim longe brevitis et facilius reddiiam et ab omni errore purgatum). Car tel semble bien être le programme donné par Léon X à Ferrerî.
Veut-on savoir, en effet, dans quel esprit on abrégera, on simplifiera, on expurgera la liturgie traditionnelle? Il suffit de jeter les yeux sur l'hymnaire de Ferreri, première pierre de l'édifice projeté. 11 a été approuvé le 30 novembre 1523, publié le i" février 1525. Au titre on lit : Hymni novi ecclesiastici juxta veram meiri et laiiniiatis normam... Sanctum ac necessarium opus. En tête, l'approbation de Clément VII, en belles phrases cicéroniennes, — o Elsi a tenerîs a/mis nobis sempcr cordi veliementer fuerit bonarum discipUnarum, sacrae praecipue doctrinae exercitia et in eis se cum optiino virlutum odore versantes omni studio fovere. . , » , — concédant de son autorité apostolique la faculté de lire et d'employer ces hymnes nouvelles etiam in diviiris. A la suite, la préface de Ferreri, où celui-ci prévient le reproche, que pourront lui faire quelques esprits, d'avoir, contrairement au sentiment de saint Augustin et de saint Grégoire, osé soumettre les paroles de l'oracle sacré (verba sacri oraculi) aux règles de Donat, et l'interprétation des saintes lettres à l'autorité de Quintilien : mais quoi? si la vraie latinité et la norme [classique] peuvent être introduites dans le culte divin, n'est-il point contraire à toute raison de lui préférer la barbarie d'un style sans goât [barbariem et insulsam orationem amplectanmr) ? Pour lui, il aime à s'en rapporter à l'estime de Léon X, à qui il a soumis chacune de ses hymnes à
DigilicJbïGoO^lc
mesure qu'il les composait, et qui les a lues, et qui les a goûtées [singulos quidem hymnos prout a me quotidie prodibant perlegii ac probavU). Nous voilà donc dûment avertis que cet essai liturgique est bien réellement la chose de Léon X, de Clément VII et de leur cour; et l'on ne se fait pas faute de nous insinuer que l'exécution a passé l'attente qu'on en avait : l'œuvre n'est pas seulement sainte et nécessaire, elle est divine [divinumopus), et Ferreri y a gagné, non point l'immortalité, mais bien l'éternité de la gloire [aetermtatem procul dubio conaeeuturum).
On a été sévère pour les hymnes de Ferreri, et bien injustenieat. J'ai là sous les yeux son joli volume, imprimé en caractères italiques et romains d'une rare élégance typographique. Et, assurément, je suis loin d'aimer cette poésie laborieuse de réminiscences littéraires et de virtuosités métriques : lorsque Ferreri chante les saints Innocents en vers saphîques,
Hos vetat flores veniens pruina coxit et gralum superis odorem reddere effecù, mcritoque .
condidit asiris !
ou la vierge Marie en ïambes,
Ave superna janua,
salus pericUtantibus et ursa naviganlibus. !
ou saint Pierre en choriambes,
Ta, Pelre, et reseras coelica limii et claudis sapiens arbtter
218 HISTOIRE DU BItéviAIRB KOHAIN
dum terris animas solvis et alligas fii-matur super aciliera.
on goûte avec plus de saveur les rudes originaux chrétiens dont ces vers sont des imitations correctes, brillantes et fades. Mais Urbain VIII n'a-t-il point repris un siècle plus tard cette même recherche de la correction métrique, et na-t-i! point défiguré seroblableinent pour les embellir tes vieilles hymnes que nous lisons corrigées par ses soins au bréviaire d'aujourd'hui î Et si vraiment if y a dans la poésie de Ferreri trop de Phœbus, d'Olympe, de Styx, de Quirites, de pénates, d'astres étbérés, et des vers de carême comme ceux-ci :
Bacchus abscedat. Venus ingemiscai, nec jocis ultra locus est, nec escis, nec marilali ihalamo, nec uîli elirietati !
et des strophes à saint François d'Assise comme
celle-ci :
Ibat in silvas lacitosque saltus soins, ut coelum aatiua Hceret visere, et mandas asitarc dulci
il faut au moins lui reconnaître la qualité de ses défauts, cette impeccable pureté de langue et cette élégance de facture que goûtaient justement ses contemporains, et cette ingéniosité assez réfléchie pour être capable de nous toucher encore. Telle l'hymne au pape saint Grégoire :