‹ Histoire du bréviaire romain (volume 2)Chapitre 133 sur 190 · Cité parJ. Burkhardt, op. cU., 1. 1, p · texte numérisé non relu

Cité parJ. Burkhardt, op. cU., 1. 1, p

2. F. Arevalo, De hymnodia hiipanica (Rome, 17S5), p. 38S et SUIT. : Hislaria uberior de tatis breTÏarii Qui^onianî. (Repro* duite par RoikoT&ny, t. XI, p. 3^7.)

salem. C'était un esprit d'une culture austère, un précurseur de la réforme intérieure de l'Eglise dans son chef et dans ses membres. Il comprit que Clément VU lui demandait de « disposer les heures canoniques en lc!i ramenant autant qu'il était possible ù leur forme antique, de faire disparaître de l'office divin les détails difficiles et les longueurs : on serait fidèle à l'institution des anciens Pères, et les clercs n'auraient plus lieu de se révolter contre le devoir de la prière canonique ». Ainsi s'exprime-t-il dans la préface de son bréviaire. La pensée de la cour romaine était donc sensiblement modifiée : it ne s'agissait plus de prier selon les règles de la 9 vraie latinité n, mais selon les règles des e anciens Pères », ni de fl^itter le cicéronianisme des clercs, mais de leur imposer un office auquel ils ne pourraient rien objecter. L'humanisme avait cédé le pas à la réforme.

Nouveauté singulière toutefois autant que périlleuse, de parler ainsi de réforme par le retour à l'antiquité, sans préciser de quelle antiquité on parle. Les révolutionnaires d'Allemagne s'exprimaient-ils autrement? Cet écho, que nous surprenons à Rome de leurs réclamations, est un indice, entre bien d'autres, qu'it un moment donné cette cour romaine, si attaquée par ces violents et ces idéologues, était peut-être le milieu catholique le plus attentif à leurs doléances, le plus prêt ti les entendre, et à répondre à leurs reproches p;ir toute sa loyauté*. Mais il est loisible aussi de voir dans l'essai liturgique tenté par le cardinal Quignonez une sorte d'avance individuelle faite à l'esprit allemand. Là

. Voyez ce que dit du cardinal Sadolet Richard Simon, Lettrei •Uiea (Amsterdam 1730), t. I, p. 167 et luiv.

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est l'intérêt de cet essai, là aussi son vice caché et funeste.

Le cardinal Quignonez se mit à l'œuvre en 1529. Il est prouvé qu'il eut plusieurs collaborateurs : un chanoine de Salamanque, canoniste et helléniste, Diego Neyla; un autre érudit espagnol, Gaspar de Castro; et peut-être un troisième, celui-ci plus connu, Genesiusde Sepulveda*. A la mort de Clément VU (25 septembre 1534), la constitution du nouveau bréviaire n'était pas arrêtée : elle ne le fut qu'en 1535, sous Paul III.

Encore le nouveau bréviaire parut-il d'abord sous forme de projet soumis au jugement public. Quignonez le déclare lui-même, et il faut l'en croire, il n'avait eu d'autre intention que « d'ouvrir une délibération publique à l'effet de recueillir le jugement de plusieurs b. Cette première épreuve du bréviaire de Quignonez est devenue aujourd'hui extrêmement rare, encore que, de février 1535 à juillet 153G, il n'en ait pas paru moins de six éditions, tant à Rome qu'à Paris, Venise et Anvers; mais récemment l'Université de Cambridge a eu la bonne pensée d'en donner une réimpression^. Les critiques que sollicitait Quignonez ne lui manquèrent pas : la Sorbonne se signala par une censure motivée, dès le 27 juillet 1535^. a C'est pourquoi, poursuit Quignonez, ayant pesé les avis que beaucoup nous ont

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