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LES PROJETS DB BBNOIt XIV 293
lettre même des offices, et reviser les homélies, légendes, hymnes et rénons des offices que l'on conservait ? Il parut plus sage de soumettre à Benoît XIV le travail fait, ce travail étant la base de toute la réforme îi faire, laquelle serait vaine si le souverain pontife n'approuvait pas, ou même désapprouvait, la méthode et les résolutions premières de la congrégation. Sur l'avis unanime des consulteurs, Valenti mit le nouveau calendrier sous les yeux de Benoît XIV '.
Le pape, assure Valenti, reçut le mémoire avec bienveillance, et demanda à l'examiner : il le garda ainsi par devers lui plusieurs mois, ce qui ne doit point surprendre de la part d'un pape occupé par bien d'autres soucis de sa charge apostolique, et désireux de peser avec toute la maturité nécessaire les inconvénients que pouvait entraîner la diminution du sanctorul ^. Sur
1. RoBkoTùny, p, S62. Ana/ecla, p. ■•"''. Ce culendrieret l'eipoaé des motifs est donné par BoBkovùny, pp. 5tl3-614.
2. En réatiléle projet delà congrégation dut surprendre le pape. Voici une curieuse lettre où Benoit XIV exprime aon opinion privée sur ta question. Elle est du 7 juin 17^-t et adressée au cardinal de Tencin : s Nous accusons la lettre de Voire Eminenre du 30 ma;. Il y est question du projet d'un nouveau Bréviaire romain. Nous avons vu avec le plus sensible plaisir les espérances que Votre Eminence noua fait entrevoir que si nous donnions un nouveau Bréviaire romain, il pourroit peut-être être reçu en France, du moins dans les diocèses où le Bréviaire romain est en usage. Voici en général le plan que nous nous sommes proposé de suivre dans la composition de ce Bréviaire, La critique étant devenue si pointilleuse, et les faits que nos bons ancêtres regardoient comme indubitables étant aujourd'hui révoqués en doute, nous ne voyons d'autre moyen de nous mettre à l'abri de celte critique que celui de romposer un Bréviaire dons lequel tout aoît tiré de l'Ecriture sainte, laquelle, comme le sait Votre Eminence, contient beaucoup de choses sur les mystères dont l'Eglise célèbre la tète, sur les aoints apûtres et sur la sainte Vierge. On suppléera par les écrits non contestés despremiers Pères à ce que l'Ecriture
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ces entrefaites une personne, dont Valent! ne dit pas le nom, émit l'opinion qu'il serait plus expédient de conserver toutes les fêtes sanctorâles du calendrier romain, mais de les ramener toutes à n'être plus que des fêtes simples, pour sauvegarder ainsi l'office férial. Valent! s'empressa de soumettre cette opinion à Benoît XIV, qui désira savoir pourquoi les consulteurs ne l'avaient point adoptée. Les consulteurs répondirent par écrit qu'il leur avait paru nécessaire d'éliminer certaines fêtes de saints, et que, quant au projet lui-même, il se heurtait à l'usage immémorial de l'Eglise et entraînerait avec lui mille difficultés '.
Cependant on pressait le pape de se décider. C'était le cardinal de Tencin. C'était le nonce à Paris, Crescenzi, rappelé à Kome pour y recevoir le chapeau*. C'était Valenti lui-même qui rappelait assidûment au pape l'intérêt de l'œuvre commencée, et que Benoit XIV était seul capable de lu mener à bonne fin. Le pape céda
sainte ne fourniroit pas. Qnant aux autrei soints qui ont place aujourd'hui dans le Bréviaire, on se contentera d'en faire une simple commémorai son. Tout ce qu'on pourra dire, c'est que c'est là une nouveuuté qui Ta à diminuer le culte rendu jusqu'à présent à ces saints ; et il est vroi que le rétro nchem eut des légendes fera crier ceux qui tiennent ïan farts qui y sont contenus poiir si certains qu'ils seraient prêts à se faire nkartyriser pour en aoatenîr la vérité. Mois cette critique nous parait bien moins importante) que celle par laquelle on nous reprocheroit de faire lire au nom de rEg'lise des faits ou apocrifea ou douteui. Or avec quelque attention et quelque habileté que le nouveau Bréviaire fût composé, cette critique serait inévitable » {Corr. de Rame, t. 792, f, 21).
1. Roskovànj, p. 562. Analecta, p, 525. Cette consultation eil reproduite par Roskovùnj, pp. 614-619.
2. Crescenii n'était que l'écho dn cardinal de Fleurj et du cardinal de Tencin. Il fut fait cardinal au consistoire dn 9 sept. 1743. « C'est un bon ecclésiastique, disait de lui Benoit XIV à T«icin ; il est vrai qu'il n'est pos fait pour commenter Aristote. »
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enfin, et nomma une congrégation cardinalice poor examiner le calendrier présenté par les consultenre. Le8 cardinaux nommés par Benoit XIV étaient les Ëminentissimes Genlili, Valenti, Monti, Tamburini et Besozzi '. L'abbé Valent! serait le secrétaire de la congrégation cardinalice'.
Le 2 mars 1744, elle se réunit au Quirinal. Les cardinaux ne firent aucune objection au projet de calendrier présenté par les consulteurs, et témoignèrent plut At de leur approbation. Cependant leur décision se trouva différée par des considérations préalables. Monti, cardinal depuis septembre 1743, était le même qui avait été consulteur de la congrégation préparatoire : ce qui lui donnait une grande autorité sur ses collègues de la congrégation cardinalice. Le cardinal Monti proposa défaire part du projet de réforme au cardinal de Tencin , à Paris, et d'attendre son avis. On savait, en effet,. Tencin très partisan d'une réforme ; c'était un prélat actif et influent, et îl y avait lieu d'espérer que si l'on s'assurait son concours et son approbation, la réfomieromaine du Bréviaire pourrait être reçue en France, et, une fois reçue en France, serait reçue volontiers pai^ les autres nations dévouées au Saint-Siège. D'antre» cardinaux firent observer que la réforme entreprise n'était pas encore assez avancée pour être ainsi communiquée au dehors, et le cardinal Tamburini^, faisant
1. Silrio Valenli était eecrétaîre d'Etat, l'homme de la confisao de Benoit XIV, et lu méritent par l'ouverture de son esprit et l'Ame-. nité de »on caractère, Nous counaissons Honli.