‹ Histoire du bréviaire romain (volume 2)Chapitre 3 sur 190 · L. Thoœassin, Velus et nova Ecclesiae disciplina. Paria · texte numérisé non relu

L. Thoœassin, Velus et nova Ecclesiae disciplina. Paria

:. Édition Vezzosi. Rome,

Mgr de Roskovâny a dressé un inventaire c des livres ou articles concernant le Bréviaire. On le trouvera op. cit.. t. V, pp. 1108-1266; t. VIII, pp. 617-950; l. XI. pp. 121-284. M. Thalhofer a donné une bibliographie plus méthodique dans l'introduction (t. 1, p. 92-47) de son Ifandbuch der KathoHschen Zifur^iit (Fribourg, 1883),

L'office canonique romain, dont le Bréviaire romain de sainl Pie V est une adaptation de seconde main, date de la fin du septième siècle ou du commencement du huitième. Mais cet office canonique romain n'est point, tant s'en faut, une création formée un jour donné de toutes pièces par quelque grand pape dont nous ignorerions le nom. C'est une œuvre composite : des âges différents y ont collaboré , des matériaux y sont entrés dont quelques-unsvenaient de très loin ; telle devait être la basilique de Saint-Pierre du temps du pape Hadrien.

Nous aurons, dans le chapitre second, à analyser les matériaux fournis par Rome même à cette œuvre de son office canonique : nous avons, au préalable, à analyser ceux qu'elle doit à la tradition commune de toutes les Eglises. A Rome appartient son calendrier, sa littérature d'antiennes et de répons, sa cantilène, et l'ordre même de sa psalmodie ; à l'usage catholique appartiennent les heures, c'est-à-dire le principe même de l'office, principe dont il importe de déterminer la genèse et les développements primitifs, pour être mieux à même de comprendre ensuite l'application originale qu'en a faite l'Eglise romaine.

BUloire du Brériaire romain. 1

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HmTOIHt DU RRliVIAlHll KOMAIN

Le principal de ce qu'on appelle roffice divia se rattache à une des idées chrétiennes de la toute première heure.

Notre Seigneur Jéaus-Christ était mort abandonné par ses discijiles, condamné par les Juifs, crucifié entre deux voleurs. Il était ressuscité le troisième jour et il était monté aux cjeux le quarantième ; mais était-ce là tout le triomphe que les prophètes avaient prédit au Messie, fils de David ? Non, et ce qui avait manqué à son passage en ce monde, cette gloire de roi vainqueur annoncée si clairement par tant de prophètes, allait être réalisée dans un retour qui était proche et qui serait un avènement. Le Christ allait revenir en triomphateur et aussi en justicier; la première génération ne passerait pas avant que l'on eût vu éclater dans lu cité sainte et sur le monde tout entier sa gloire et sa justice de roi, ou plutôt la première géuératton et bien d'autres à la suite pourraient passer, sans que les fidèles de la foi nouvelle pussent rien perdre de l'espérance et de la crainte de ce retour prochain.

Mais si l'année de ce retour était indéterminée, si même, au témoignage des Evangiles synoptiques (saint Mathieu, saint Marc, saint Lucj, la saison de ce retour était inconnue, on s'était persuadé facilement et de bonne heure que, la nuit du samedi saint au jour de Pâques étant celle où le Sauveur était sorti vivant du tombeau, ce serait en une pareille nuil qu'il réapparaîtrait vivant dans le monde, comme l'ange exterminateur qui la nuit même de la première de toutes les pâques avait frappé les premiers nés de l'Egypte et vengé les

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enfants d'Israël. Cette nuit-là donc, il importait de ne point dormir, mais de veiller et de prier jusqu'au jour dans l'attente du passage de Dieu.

Voilà pourquoi, du soir du samedi saînl au chaut du coq du jour de Pâques, les fidèles resteraient à prier en commun. Cette façon d'expliquer l'origine de la vigile de Pâques est fort ancienne : saint Isidore de Séville Ij 63C), qui la mentionne, l'avait empruntée à Lactance {■'[■ 325]; saint Jérôme y fait allusion comme à une tradition apostolique '. Et, de fait, elle est assez visiblement en contradiction avec le texte des Evangiles synoptiques', pour que l'on puisse dire qu'elle n'en dépend point.

L'idée de la parousie aurait ainsi enfanté la vigile pascale.

De la vigile pascale devait naître l'office de la vigile

La solennité pascale était le prototype de la solennité dominicale. Et, de même que Pâques avait sa grande vigile nocturne, chaque dimanche eut sa vigile nocturne. L'institution de cette vigile dominicale est aussi ancienne que l'institution du dimanche lui-même : on a dit très justement qu'elle apparaissait déjà dans la

1. Hieronym., Commeat, in Mai,, IV, 35 ; .' Tradilio Judaicoram est Christum mtdia nocte venturumin aîmilitudinemaegiptii temporis. quanda psacba celebratum «st et eiterminator Tenit, et dumiaua super tabernacula transiît et aeng-uine agnî postea noitrarum frontium conaecrali aurt. Unde reor el traditionem apoatolicam permanaisse ut in die Tigiliarum paschae ante noctis dimi' diam populos dimittere non liceat, eiapeetantea adTentum Cbristj. Et poatquam illud Icmpua tranaierîl gecuritale praesumpta festura cancli agTint diem. Unde et paaliuista dieebat : Media nocte jurgcham ad confitendam tibi juptr Judicia fuiiificaiionù tuae. a Cf. Lactaol., Dinin. inttitiU., VII, 19. laidor., Elymotog., VI, 17.

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