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omni ordine clericorum, vigilias in ecclesia celebrare*, » telle était la formule de cet usnge, inauguré au v' siècle et que nous avons vu en pleine vigueur au vi' et au commencement du vu". Or, tandis que la formule de l'office stational n'était pas destinée il se développer, celle de l'office vigilial quotidien, au contraire, allait se prêter à des innovations pleines de conséquences.
Un titre presbytéral n'était autre chose qu'une paroisse. A ce clergé paroissial incombait le soin des catéchumènes et des pénitents : première et lourde charge. 11 s'y ajoutait celle d'accomplir la liturgie des funérailles et d'administrer les cimetières^. Tant de charges devaient rendre plus onéreux le devoir de célébrer tous les jours au chant du coq l'olfice vjgilial.
On aurait résolu la difficulté en reconnaissant aux moines la faculté de se mêler et même de se substituer au clergé pour mieux assurer la régularité de l'office. Mais, à Rome, le clergé paraît avoir été extrêmement jaloux de ses charges, et en maint endroit on saisit la trace de lu défiance et de l'anîmosité que les clercs romains éprouvent pour les moines quels qu'ils soient. On sait quel accueil les clercs romains avaient fait à saint Jérôme, le premier prédicateur du monachisme à Rome : saint Jérûme ne s'est pas fait faute de nous l'apprendre, et du même coup de rendre à ses adversaires peau pour peau. On connaît moins telle et telle préface du sacramentaîre léonien, préfaces que M. Duchesne croit pouvoir faire remonter au déclin du iv' siècle, et où des prêtres romains ne craignent pas d'exprimer liturgiqueroent leurs doléances.
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LES ORIGINES DE h'OBDO PSAILEF/DI ROMAIN 57
H Ce sont de véritables déclamations contre les moines. . . On fait remarquer à Dieu que son Église contient maintenant de faux confesseurs, mêlés aux vrais; on parle beaucoup des ennemis, des calomniateurs, des orgueilleux qui s'estiment meilleurs que les autres et les déchirent, qui se présentent sous des dehors pieux, sub specie gradue, mais avec l'intention de nuire. On proclame la nécessité de se défendre contre eux'... » Si l'on peut prendre de tels propos liturgiques pour l'expression publique de l'opinîon, ne fût-ce que d'une partie du clergé romain, il n'y a pas lieu de s'étonner que le luonachisme ait mis un temps énorme â se faire accepter à Rome. Ce n'est qu'au vi= siècle, en effet, que nous voyons les moines se multiplier dans la ville éternelle, et, un instant, y jouer le nîle d'un parti puissant. L'élection du pape Pelage, en 556, n'est-elle pas mise en question par l'opposition des moines romains? « Monasteria et multitudo religiosoram... subduxerunt se a communione eius, n dit le Liber ponlîficalis. Saint Benoît est sorti de ce monde monacal romain. Saint Grégoire y prendra saintAoguslinet ses compagnons, les apôtres de l'Angleterre, o Augusiinum et altos plures monaclios timentes Deum, » dit encore le Liber. Mais cet état du monachisme romain sur la fin du vi' siècle n'est qu'une lueur; la faveur que lui vaut particulièrement la protection de saint Grégoire cesse sitôt la mort de saint Grégoire (-J- 604] ; et les clercs qui rédigeront cette partie du Liber pontificaUs trahiront en plus d'un endroit le sentiment de joie partiale que cette réaction leur inspire. On les verra féliciter le pape Savinien (C04-606) d'avoir, dans son court ponti-