‹ Histoire du bréviaire romain (volume 2)Chapitre 49 sur 190 · li., !bid · texte numérisé non relu

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SOUS le vocable des saints. Les églises presbytérales ou titres portaient le nom du fidèle ou du pape qui les avait établies à ses frais. On disait, au iv' et au v* siècle, le titre de Veslina, le titre de Lucina, le titre de Fasciola, le titre de Damase, le titre de Pudens, le titre de Clément..., pour désigner ces églises paroissiales. Plus tard seulement, au déclin du vi' siècle et au cours du vii°, les églises de diaconies furent fondées sous des vocables de saints : on eut, inira muros, les basiliques de Saints-Gôme-et-Damien , de Saint-Adrien , de Saints-Serge-et-Bacchua, de Sainte-Lucie..., par assimilation aux basiliques suburbaines élevées sur le tombeau même des martyrs et pour ce fait nommées de

C'est uniquement dans les cimetières suburbains que se célébraient à l'origine les anniversaires des martyrs, de même que les anniversaires des défunts de chaque famille. Un teste peu explicite du Liber poniificalis attribue au pape Félix (2C9-274) l'institution de synaxes liturgiques sur la tombe des martyrs; mais, comme le fait observer M. Duchesne, ce leste ne témoigne que de l'usage romain du commencement du vi° siècle, c'est-à-dire de l'usage contemporain de la rédaction de ce teste du iiier*. On sait cependant, grâce à Prudence, que cet usage esistait au commencement du iv' siècle : le jour anniversaire de la mort d'un martyr, la messe était célébrée soit sur les autels des basiliques cimétériales, qui s'élevaient au dessus du tombeau, soit dans la crypte elle-même (si elle existait encore), sur un autel placé à côté du tombeau. La messe ad corpus, si restreint pouvait être le nombre des assistants, était par

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la force des choses une messe quasi privée ; l'autre, au contraire, célébrée dans une enceinte souvent fort vaste, ou même à ciel ouvert sur ï'area du cimetiËre, était une mUsa publica '. Le peuple pouvait y assister en foule. Parlant de l'anniversaire de saint Hippolyte, sur la voie Tiburtine, Prudence distingue soigneusement la crypte où est le corps du martyr et où les fidèles viennent journellement et individuellement prier :

Haud procul exiremo calia ad pomoeria fallo

mersa latebrosis crypta palet foveis...

Ipsa illas animae exuvîas quae continet inius

aedicala argento fulgurat ex solido;

et la basilique, celle de Saint- Laurent, élevée au rez du sol, où, le jour anniversaire du martyr, le peuple et les pèlerins viennent en foule assister aux solennités liturgiques ;

Jam cum se rénovât decursis mensibus annam

naialemque dieni passio festa refert...

urbs aagusia suos vomit effunditgue Quirites... Exsultat freinitus varîaruot kinc inde viarum... Stat sedjuxta aliad quod tanta frequentia templum

tune adeat, cultu nobite regifico...

Plena laborantes aegre domus accipit undas

arctaque confertis aestuat in foribus — *

Mais, dans tout le poème de Prudence, on ne voit pas qu'il soit question de fêter l'anniversaire de saint Hippolyte autrement que par la solennité d'une messe. L'auteur du traité De haeresi praedeslinaCorum, qui écrivait au v° siècle, donne au contraire à entendre

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que les cimetières des martyrs avaient leurs vigiles. Il nous apprend, en effet, que la basilique des saints Processus et Martinieu, au deuxième mille de la voie Aurélienne, a été enlevée à la secte hérétique des Teriullianistes, qui y avaient insuUé leur culte (392-394). Cette expulsion date au plus tard du pontificat d'Innocent I" (401-417), Et notre auteur en écrit ceci : n Martyrum suorum Deua excubias cathoUcae fesliviiati restiiuil*. b Le mot excubiae est le propre synonyme de vigiliae.

S'il est permis de chercher dans les usages d'au delà les monts l'explication des usages romains, volontiers nous verrions un commentaire de ce texte dans la description que donne Sidoine Apollinaire des vigiles célébrées au tombeau de saint Just, à Lyon, au jour anniversaire de ce martyr. Il écrit : « Nous nous étions rendus au tombeau de saint Just, avant le jour, pour l'anniversaire [processio fuerat antelucana , solemnitas anniversaria). La foule était énorme, tellement que la basilique et la crypte et les portiques ne la pouvaient contenir. On célébra d'abord les vigiles : les psaumes furent chantés par les choeurs alternant de moines et de clercs [Caltu peracio vig'diarum, quas alternante mulcedine monachi clericique psalmicines concelebraverunt...). Et les vigiles terminées, chacun alla se promener, à son gré, mais sans trop s'éloigner, car il fallait être revenu à tierce pour la messe solennelle [...ad terttam praesto futuri, cum sacerdotibus res divina facienda). C'était, ajoute-t-il, un moment délicieux; on sortait haletant de cette basilique étouffante de foule, flamboyante de lumière, et l'on était dans la campagne, dans la tiédeur d'une nuit voisine encore de l'été, mais que

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