‹ Histoire du bréviaire romain (volume 2)Chapitre 51 sur 190 · Tommasi. t. IV. p · texte numérisé non relu

Tommasi. t. IV. p

S. Amalar., De ord. anliph., 28.

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comme cent ans aujtaravant en Angleterre, cette propagation de la liturgie romaine est le fait de l'initiative individuelle : le Saint-Siège s'y prête, mais ne la provoque point. La liturgie romaine attire les dévotions à elle par la vertu de saint Pierre et par la vertu de sa beauté propre. Saint Chrodegang (f 766) est, comme était Benoit Biscop, tout pénétré de dévotion aux choses de Rome et de saint Pierre. Au retour d'un pèlerinage au tombeau du prince des apôtres, en 754, désireux d'assurer la régularité de l'office tant nocturne que diurne dans la cathédrale de Metz, il institue une communauté de clercs sur le modèle des communautés monastiques attachées à Rome à la desservance des basiliques, et il impose il ces clercs réguliers l'ordo romain de l'office et la cantilène romaine : « Clerum, liutum canlîlena , inoreni algue ordinem ecclesiae servare praecepU '. » Le grand évèque de Metz n'est pas mort que son exemple est imité par Rémi, archevêque de Rouen; lui aussi, au retour d'un pèlerinage à Rome, en 760, il amène à Rouen, avec l'autorisation du pape Paul, le secondicier de la Scola cantorum pour initier ses clercs aux a modulations de la psalmodie » romaine. Puis, le grandchantre romain ayant dû peu après revenir à Rome, Rémi envoie ses clercs terminer leur formation à Rome même dans la Scola cantorum ^, 11 veut avoir à Rouen, comme Chrodegang à Metz, le pur ordo et la pure cantilène de Saint-Pierre. A son tour enfin, c'est Pépin qui étend à toutes les Églises franques la réforme inaugurée à Metz et à Rouen, qui enjoint à tous les évêques

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franks de renoncer à Vordo gallican, d'apprendre le chant romain, de célébrer désonnais l'office divin en conformité avec le Saint-Siège ; « Ut eantum romanum pleniler diacant et ordinab'diter per nocturnale vet gradale officium peragatur..., oh unanimitatem apostolicae sedis et sanciae Dei ecclesiae pacificamconcorduun. n Ce sont les termes de l'empereur Charlemagne renouvelant, en 789, le décret de Pépin le Bref.

Dès le milieu du viii' siècle, et c'est la conséquence qu'il faut tirer de ces quelques faits si considérables, l'office romain, qui supplante ainsi en France le vieil ofQce gallican, est codifié. L'antipbooaire (responsoral] dit grégorien, en réalité l'antiphonaire de Saint- Pierre, est écrit et fermé. Et, de fait, vers l'année 760, le pape Paul envoie au roi Pépin un exemplaire du Liber responsatis, ou recueil des antiennes et des répons de l'office romain^. En 756, saint Cbrodegang avait rapporté pareilles pandectes à Metz, comme plus tard Wala, abbé de Corbie, en rapportera à son abbbaye. C'est cette œuvre liturgique, codifiée ainsi pour la première fois, ou du moins nous apparaissant telle pour la première fois en 756, qu'il nous reste à décrire en détail, en restituant dans la mesure de nos ressources historiques l'économie de cet office romain, qui ravissait si fort les pèlerins nos aieux du viii' siècle , qu'ils n'bésitèrent point à lui sacrifier la tradition propre de leurs Églises.

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