‹ Histoire du bréviaire romain (volume 2)Chapitre 58 sur 190 · OFFICE ROH&IN DD TEMPS DE · texte numérisé non relu

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conventuel et nullement basilical. C'était la prière du coucher des moines. Le repas du soir une fois pris, les moines basilicaux du vin' siècle ne revenaient point à Saint-Pierre pour y chanter compiles, mais ils passaient directement du réfectoire au dortoir, et au dortoir ils disaient compiles : a Canuntur complelorio ubi dormiunl in dormitorio, a dit dans son latin d'illettré l'Anonyme de Gerbert. Compiles, dans la liturgie d'Amalaire, est déjà devenu un office moins Intime; et, de même que les ordines monastiques du ix' siècle font chanter complies au chapitre ', Amalaire ne marque pas que compiles se chante en un local autre que le chœur. En tête de complies, Amalaire place une leçon brève, comme nulle autre heure n'en a. Cette leçon brève, en effet, représente la fin de la lecture ou collatio qui vient de se faire au réfectoire ; « Ante iatud officium conveniunt in unum fralres ad lectionem ; » et ailleurs : u In isio consumitur esus, potus ei collatio^. n La psalmodie de compiles se compose de quatre psaumes, un nombre qui ne se retrouve à aucune autre heure canonique, quatre psaumes invariables et ceux-là mêmes que nous y récitons encore. Pas de leçon brève, pas de répons par conséquent, pas de verset non plus, car le verset indiqué par Amalaire Custodi me Domine ut pupillatn oeuli, etc., est un verset messin. Mais le cantique Nunc dimiitis, suivi, sans Kyrie eleison, d'une oraison : a Tantummodo postulatio pro eustodia deprecetur. » Et, ajoute Amalaire, après cette oraison, le grand silence commençait et l'abdication de tout souci terrestre. L'Anonyme de Gerbert disait plus simplement : o Et

tanc vadunt cam s'dentio pausare in lectula sua. n On le voit, tout est à part dans cet office de compiles, et tout est à part parce que complies est une heure privée.

L'office nocturne proprement dit commençait au milieu de la nuit. Au son de la cloche ', tout le pieux personnel des clercs et des moines arrivait à la basilique. L'office s'ouvrait par le verset Domine labia mea aperies dit par le président du chœur et suivi d'un Gloria Patri. Le verset Deus in adiutorium aurait fait double emploi avec le Domine taliia : il ne figurait donc point en tête de l'office. Immédiatement après le Gloria Patri, le psaume Venite exultemus ou invitatoire.

Remarquez bien cette admirable pièce. Elle n'est point, comme on l'a dit souvent, un reste de s l'ancienne manière de chanter ce que noua appelons les antiennes n, mais bien un reste de l'ancienne manière de chanter les psalmi reiponsorii; et c'est très justement que l'auteur frank du vu" siècle, connu sous le nom de Magister anonymus, à qui nous devons le plus ancien commentaire de la règle bénédictine, donne à l'invitatoire le nom de « responsorium Iwrtationis^. » Ici, en effet, un soliste chante d'abord le verset, lequel n'est point une antienne véritable, mais un acrostichion , et le cbceur répète à l'unisson le verset. Puis, au lieu que ce soit le chœur qui chante le psaume, c'est le soliste qui l'exécute, et le chœur ne fait que répéter à chaque deux versets V acrostichion du début. Nous retrouvons là l'antique psalmodie ecclésiastique.

L'invitatoire exécuté, le chant des psaumes commence. Le nocturne compte douze psaumes, douze

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psaumes qui ne sont point antiphonés, comme l'ont été ceus de vêpres : mais chantés d'un trait : {in directum.) Chaque quatre psaumes, oo intercale un Gloria fatri*. Le texte du psautier en usage à Rome n'était pas le même que celui des Églises franques. L'Église romaine avait conservé, et elle conservera jusqu'au xv' siècle, son ancienne version du psautier, celle dont saint Jérôme, en 383, à 1» demande du pape Damase, avait fait une révision d'après les Septante, révision hâtive et incomplète^ : on chantait à Rome les psaumes dans ce texte hiéronymien de 383, tandis qu'en Gaule on avait, dès l'époque de Grégoire de Tours, adopté, et, au viii' siècle, conservé la seconde version hiéronymienne des psaumes, la version que nous appelons gallicane, celle que saint Jérôme avait faite, entre 387 et 391, à Belhlehem, d'après l'hébreu et les Hexaples, et qui est aujourd'hui celle dont se sert toute l'Église catholique.

Quant à la distribution des psaumes du psautier aux nocturnes des différents jours de la semaine, elle était aussi propre à Rome. Un liturgiste du moyen âge en a donné la formule excellente que voici : u 11 faut savoir que le psautier est en deux parties : la première, qui s'arrête au Diric Dominus, est pour l'office nocturne ; la seconde, à partir du Dixit Dominus, pour l'office diurne. Saint Ambroise partageait la première partie en dix nocturnes ou diguriae, comme dît le vulgaire. La première diguria est de seize psaumes, la seconde de

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