‹ Histoire du bréviaire romain (volume 2)Chapitre 68 sur 190 · OFFICE ROMAIN DU TEMPS DE CHARLBMAGNE · texte numérisé non relu

OFFICE ROMAIN DU TEMPS DE CHARLBMAGNE

Haurietis aquas in gaudio.... Constantes estolc videbitis. . . , Consurge consurge induere. . . , lilevare elevare consurge Hierusalein... L'antienne du Magnificat des vêpres de ces derniers jours d'attente était, dès le viii' siècle, prise à cette série d'antiennes que nous appe* Ions les <i grandes antiennes n : O Sapientia..., O Adonai..., O radi^ Jesse..., O ctavls..., O oriens..., O rex geniium..., O virgo virginum..., d'un si pur et si antique symbolisme'. Et l'on arrivait ainsi au 24 décembre où le fencf^i'cfus des laudes fériales s'antiphonaîtde l'antienne, aujourd'hui transférée aux premières vfpres de ?i'oel : Dum orlas fueril sol videbitis regeni reguni procedentem a maire [sic] tanquam spoiisus de ihalamo suo... Plus qu'une nuit, et le roi des rois allait sortir de sa tente. La station de NoËl était h Sainte-Marie Majeure, sans doute depuis l'époque de la reconstruction de la basilique sous le vocable de la Vierge Marie au v' siècle, sous Xistus 111 (432-440) ; et elle avait tiré une solennité plus grande encore de la présence dans la basilique de la célèbre crècbe de l'enfant Jésus, à dater du vil' siècle. Noël était une antique fête romaine , mentionnée dès 330 par le calendrier philocalien *. Avec Noël, pour la première fois, nous sommes en présence d'un office nocturne, qui n'est ni le dominical, ni le /èrîal : un triple nocturne, neuf psaumes et neuf leçons. C'était, il me semble, une simple réduction de l'office dominical, réduction oîi le premier nocturne comptait trois psaumes antiphonés et non plus chantés in direcium comme les dimanches. A Noël, en effet, tous les psaumes, tant des trois nocturnes que de vêpres cl de laudes, étaient antiphonés et antiphonés, verset par verset :

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In die nafalis Domini ad onmes antlphonas vigiUae choms choro respondel, et sic oraoes antiphonas onUmus ante psalmos et infra psalmum ubi inveoiantur, et in fine psalmorum, et post gloria patri et posl

La présence du pape ajoutait tout l'éclat d'un cérémonîiil majestueux à celui de la cantilêne des psaumes antiphonés. C'était une vi^le glorieuse, qui méritait d'être, ce qu'elle était dès lors, la fête liturgique modèle, dont toutes les autres, Pâques et la Pentecâte mises à part, ne seraient que des répliques.

L'Epiphanie était plus que toute autre une réplique de Noël : n'était-elle pas la Noël grecque ? On la célébrait à Rome, comme dans le reste de l'Occident, depuis le V siècle. Si le 25 décembre était la Noël des bergers, le 6 janvier était la Noël des mages. La station était ce jour-là à Saint-Pierre ; et l'office était, comme le 25 décembre, un office de neuf psaumes et neuf leçons, avec tous ses psaumes antiphonés. L'office du 25 décembre et celui du C janvier évinçaient chacun huit jours à la suite l'office férial de douze psaumes et trois leçons ; on célébrait ainsi l'octave tant de Noël que de l'Epiphanie.

On était maintenant aux ides de janvier, la date de Pâques était annoncée et l'on allait se préparer par un long temps de pénitence et de deuil îi l'anniversaire de la résurrection du Sauveur. Le carême romain, dès le IV' siècle, comptait six semaines; mais l'usage d'assigner une station à chacun des jours de ces six semaines, de même qu'aux trois dimanches l'n quinquagesima, in sexagesima, in aepiuagesima, n'a pas d'attestation plus

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