‹ Histoire du Bréviaire romain (volume 3)Chapitre 109 sur 223 · L'OFFICE MODERNE ET LES BRÉVIAIRES DE LA COUR ROMAINE · texte numérisé non relu

L'OFFICE MODERNE ET LES BRÉVIAIRES DE LA COUR ROMAINE

On lit dans une bulle du 7 juin 1241, adressée par le pape Grégoire IX aux Franciscains : « Nous vous autorisons à vous contenter d'observer l'office moderne ; vous Lavez dans vos bréviaires, corrigé soigneusement par nous, et conforme à l'usage de l'Église romaine '. » Os quelques mots pourraient servir d'épigraphe au présent chapitre, car tout entier il va consister à rechercher : 1° quel était l'usage de l'Eglise romaine jusqu'au xiiL siècle ; 2° ce qu'était cet office non romain que le pape appelait du nom d'office moderne; 3° ce qu'il faut entendre par bréviaire de cet office moderne.

L'office romain, tel qu'il était constitué à Rome du temps de Charlemagne, se maintint à Rome même dans l'usage des basiliques sans modification sensible travers le xe et le xip siècle et jusqu'à la fin du \u".

1. Potthast, n° 11028 : « Yestrao itaque precibus devotionis inducti, ut observantia moderni officii, qirnd in breviariis vestris exart.t diligentia correctum a nobis ex statuto regulae vestrae ju\ta ecclesiae romanae morem excepto psalterio eclebrare debetis, sitis contenti perpetu>>

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C'est là une proposition dont je dois fournir toute la preuve.

Xous possédons un livre d'offices de la basilique de Saint-Pierre, j'entends l'antiphonaire publié par le cardinal Tommasi. Ce monument si important de la liturgie basilicale romaine est du xne siècle. Et l'on a suffisamment indiqué au chapitre précédent la conformité de son texte et de ses rubriques avec les renseignements fournis par Amalaire, pour pouvoir dire qu'il est une première preuve que l'office romain du xnc siècle était, dans son texte et dans ses rubriques, substantiellement conforme à l'office romain du vine siècle. — Une lettre célèbre d'Abailard, lettre remontant à 1140 environ, atteste que la basilique de Saint-Pierre n'était pas seule à pratiquer l'ancien office, puisque, au dire d'Abailard, tel était également le cas de la basilique du Latran : « Ecclesia... laterauensis, quae mater est omnium, antiquum ofjlcium tenet. » Sans doute, et nous nous empressons de l'ajouter, Abailard, dans ce texkmême, assure que la basilique du Latran est seul observer l'ancien office : « Soin eeclesia laterauensis..., » dit le texte intégral. Mais cette restriction ne tient pas, étant donnée la teneur de l'antiphonaire de Saint-Pierre ; et elle s'explique, étant donné qu'Abailard entend prouver l'universalité de l'office moderne; il reste donc que, de son propre aveu, au Latran c'était bien encore Y antiquum o/Jicium qu'on observait1. C'est notre première preuve.

Lue autre est fournie par les ordincs romani du xii1' siècle, lesquels, en décrivant le cérémonial pontifical, décrivent en diverses occasions l'office tant des

l. Abaclard., Epistul. , X.

vêpres que des nocturnes et des laudes solennelles, au même titre que la messe elle-même. Or. leur description s'applique à un ordo de l'office qui est substantiellement Yordo du vme siècle. Nous en avons pour témoins deux ordines romani, bien connus, du xne siècle4. L'un, celui du chanoine Benoît, chanoine de la basilique de Saint- Pierre : il a pour titre Liber polyptieus, et il a été écritun peu avant 1143 : c'est Yordo romanus XI de Mabillon. L'autre. Yordo romanus XII de Mabillon. a pour auteur Cencius, celui-là même qui. chancelier de l'Eglise romaine, rédigea en 1192 le Liber censuùm. Au total. nous avons là le coutumier de> cérémonies pontificales du temps de Gèles tin II f 1144 et d'Innocent III 1198- 121 < '» . Or ce cérémonial s'adapte à l'ancien office, tel que nous 1 avons décrit, et non à l'office moderne tel que nous aurons à le décrire.

Insistons sur cette matière. La digression, si c une digression, ne laisse pas d'appartenir à notre sujet. Et vnyons quel était, au xne siècle, le cérémonial des offices auxquels le pape et la curie prenaient part.

Le pape et la curie — la curie représentant maintenant le clergé régionnaire d'au! - — n'assistaient en corps à l'office public quotidien d'aucune basilique.

Il> ne prenaient part qu'à l'office solennel de certaines fêtes, en certain»- basiliques. A ces fêtes, <»n servail le vieux nom de stations. El l'on distinguait deux sorte- de stations, les stations diurnes qui ne comportaient que la messe stationale, et l< - stations

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