unsiitut. apostat., II
ricorcliam et judiciuni cantabo tibi, domine*. Cette |>-.ilmodie elle-même, si sévère, avait été empruntée [Miles chrétiens à l'usage des synagogues juives a : le génie grec n'avait fait que broder Yacrostic/iion sur l'austère récitatif sémitique.
Dans les communautés monastiques égyptiennes de la fin du ive siècle, au témoignage de Jean Cassien, on était resté fidèle à la plus sévère, à la plus ancienne forme de la psalmodie. L'office, tant vespéral que nocturne, d'un mot les deux séances de l'office nocturne, comme l'appelle Cassien, se passaient chacune à exécuter douze psaumes. Et ce nombre douze paraît bien anciennement fixé, puisque les Egyptiens aimaient à dire que la fixation en remontait à saint Marc, leur premier évèque. Ces douze psaumes étaient exécutés en solo par un lecteur, ou plutôt par quatre lecteurs qui se relayaient, chacun d'eux ne devant pas avoir plus de trois psaumes à exécuter à la suite. Quand le psaume était long, chaque dix ou douze versets on faisait une courte pause. Aucune doxologie à la fin du psaume, mais simplement une oraison. A la fin du douzième psaume un alléluia. Puis on passait à la lecture qui comprenait deux leçons, l'une de l'Ancien Testament, l'autre du Nouveau, tous les jours, sauf le samedi el le dimanche où elles étaient l'une et l'autre du Nouveau Testament. Les moines restaient tout le temps de la psalmodie et des leçons dans un silence absolu : défense de cracher ou de tousser ou même de soupirer liant ; on n'entendait qu'une voix, on eût pu croire qu'il n'y avait qu'une âme, si tendue était l'attention de L'assembli
1. Athanas.. Apolog. de fuga, 24. Augustin., Confession., IX. \'l.