‹ Histoire du Bréviaire romain (volume 3)Chapitre 114 sur 223 · Benediot · texte numérisé non relu

Benediot

dans la basilique. Que. de plus, à certaines fêl comme celle de saint Pierre et pendant l'octave, on allume les filets « retia », y compris le grand iilet, s rete magnum ». qui illumine le portique et la façade' : entendez par là de grands lustres ou corbeilles de cierges. Assurément l'office, avec ce cérémonial brillant et compliqué, avec la hiérarchie si décorative de ses personnages, est devenu plutôt un spectacle, mais quel spectacle! Le peuple y vient en foule. Il se press sur le parcours de la procession, il se répand sur les degrés el dans les nefs de la basilique. Aux grandvigiles nocturnes, ce devait être un fourmillement de romains, de romaines, d'ultramontains. A certaines fêtes, le sénéchal du palais apostolique jetait des poignées de deniers sur les rangs compacts de la foule, pour la disperser et mieux ouvrir ainsi un passage au cortège pontifical. Le peuple ne se retirait qu'à la lin, et une fois reçue la bénédiction du pontife : « Dominus pontifex benedicit populum fatigatum... » Et toute cette mptuosîté et toute cette presse étaient sa joie : « ...ut omnis populus cum benedïctione laetus recédât*. »

Mais, et nous reprenons ici la suite de la discussion, qui ne voit que ce cérémonial du xne siècle s'applique à un office qui est le même que celui du vin* siècle, le même pour le nombre des psaumes, des leçon-, deg répons, h- même pour les rubriques de l'incipit et de la conclusion de l'ollice, le même surtout pour labsence

1. Afabillon, Musaeum italic. t. II, p. 161. Cf. de H<>»-i. Inscrintiones christianae, t. II, pp. 193 el -uiv. li. Cencius, 37. Benedict . . 7'». 7G.

l'office moderne ET LES BRÉVIAIR] 151

des éléments que nous verrons être caractéristiques de l'office moderne ultramontain ? On dirait ce cérémonial contemporain de Charlemagne. Et nous sommes en droit de conclure à l'identité de l'office basilical du temps d'Amalaire et de l'office basilical du temps du chanoine Benoît et de Cenciu-.

.Mais à cette identité on fait une grave objection.

Les liturgistes, et leur opinion a été embrassée par le pape Pie V, les liturgistes sont d'accord pour attribuer au pape Grégoire VII une réforme de l'office romain. Dom Guéranger rend ainsi compte de cette

orme pontificale : «■ Les grandes affaires qui assiégeaient un pape, au xie siècle, les détails infinis d'administration dans lesquels il lui fallait entrer ne permettaient plus de concilier avec les devoirs d'une si vaste sollicitude l'assistance exacte aux lon^s offices en

ige dans les siècles précédents. » Voilà pourquoi Grégoire VII « abrégea l'ordre des prières et simplifia la liturgie pour l'usage de la cour romaine ' ».

Ces considérations ne nous arrêteront pu-. Est-ce donc seulement à dater du xr siècle que les papes ont été assiégés de grandes affaires, et qu'ils ont eu à entrer dans les détails infinis de l'administration ? Dom Guéranger ne voudrait pas nous le laisser penser. Il es1 très certain par ailleurs que, du t*-m j > - - immédiats prédécesseurs de Grégoire VII, le pape et la curie, dévots à l'obligation de réciter l'office divin sans négliger les devoirs de leur sollicitude, s'acquittaient privément de leur office. Saint Léon IX 1048-1054 est loué, dans sa Fïe, de ce que tous les jours il satisfaisait à l'obligation de la récitation intégrale du psautier,

Page 1