Amalar.. De uni. antijj/i
l'office moderne et les bréviaires 101
C'est peu dire, car on avait essayé de réformes plus considérables. Au xie siècle, nous l'avons vu déjà, on avait voulu ramener l'office nocturne du temps et des saints à ne compter plus que trois psaumes et trois leçons, comme c'était de règle pour la semaine de Pâques et pour la semaine de la Pentecôte. Cette pratique était trop manifestement contraire à toute tradition pour prévaloir : nous avons vu en quels termes Grégoire VII la condamne. Mais si l'on ne touchait point au psautier, on pouvait toucher au lectionnaire. L'office nocturne, commençant au chant du coq pour finir au soleil levant, avait une durée qui variait suivant la saison ; or, le nombre des psaumes restant fixe, ce devaient être les leçons dont la longueur devait varier. La liturgie accordait là une latitude, dont on usa : l'abréviation de l'office porta principalement sur le lectionnaire. Que l'on compare les horniliaires du ixe siècle, par exemple l'homiliaire de Paul Diacre, aux horniliaires du xie et du xne siècle, et l'on verra la différence de longueur des leçons indiquées à deux siècles de distance pour une même fête. Dom S. Baeumer, dont on apprécie ici particulièrement les contributions à L'histoire du Bréviaire pour l'ampleur des recherches qu'elles représentent, dom Baeumer a fait sur ce point particulier d'intéressantes observations1. Il a étudié une riche série de manuscrits des ix°, x , xie, xne siècles, manuscrits provenant d'Allemagne, de Suisse, de Belgique, de France, lectionnaires, horniliaires, passionnaires ; et il a relevé partout les renvois, œuvre de mains tardi et pour la plupart du xne siècle, qui ont pour but de déplacer l'explicit de la leçon et la rendre plus courte.