‹ Histoire du Bréviaire romain (volume 3)Chapitre 126 sur 223 · Joan. Beleth., Rationale · texte numérisé non relu

Joan. Beleth., Rationale

Jean Beleth est réactionnaire. Mais Abailard, qui appartient au parti opposé, nous donne clairement à entendre dans sa lettre à saint Bernard, vers 1140, que les hymnes ont dans l'office ultramontain séculier une place autrement large que celle que Jean Beleth leur voudrait laisser, et que tout l'hymnaire monastique a passé dans l'office des clercs : « Ecclesia pro diversitate feriarum vel festivitalum diversis utitur hymnis*. » Et, par Eglise, il faut entendre ici les églises des clercs séculiers, « omnibus ecclesiis, » dit-il expressément, et non les seules églises conventuelles, comme l'insinue Jean Beleth, quand il dit : «... sequitur hymnus, si sit monac/ialis ecclesia'2. »

Comment s'était formé l'hymnaire de l'Eglise, et sous quelles influences était-il entré dans l'office moderne ? C'est la question qui se pose à nous.

On a expliqué au premier chapitre de cette histoire ce qu'étaient les psalmi idiotici, en quelle faveur ils avaient été dans certaines Églises au me siècle, puis comment ils avaient été proscrits de l'usage liturgique dès le début du ive siècle. On l'a dit aussi, les hvmnes métriques de Synésius et de saint Grégoire de Xazianze, étaient des exercices de lettrés, qui ne furent jamais introduits dans la psalmodie liturgique. Les hymnes métriques que l'on rapporte avoir composées par Apollinaire de Laodicée, étaient des cantiques que chantaient les Apollinaristes « aux heures

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