Joan. Beleth., Rationale
l'office moderne et les bréviaires 165
de travail et de loisir, les jours de fêtes et les autres, en toutes circonstances, en un mot », c'est-à-dire des cantiques pour la vie privée1. Et, au surplus, les Apollinarisles ne firent pas la fortune des hymnes ou idylles métriques de leur maître : secte et cantiques disparurent ensemble. Chez les Latins, la poésie lyrique chrétienne devait avoir une tout autre fortune.
Comme Apollinaire, saint Ambroise avait composé des hymnes métriques [carmina\ pour l'instruction de ses lidèles. On était en 386. Voyant Milan infesté d Ariens, que la présence et 1 appui de la cour de Valentinien rendait plus insolents et plus redoutables, Ambroise mit la doctrine de la consubstantialité en cantiques pour le peuple. Tout le peuple les apprit et tout le peuple les chanta : entraînante et toute puissante prédication. « Quid enim potentiiis, pouvait répondre saint Ambroise aux ennemis qui l'accusaient d avoir séduit le peuple par ses vers, quid potentius quant confessio Trinitatis quae quotidic totius populi ore celcbratur-\ » Tout le peuple, entendez bien. Mais remarquez bien aussi qu'il n'est nullement question encore en cela de chant liturgique, ni que ce carmen antiarien (car il ne s'agit encore que d'un seul carmen, ait figuré au programme des vigiles milanaises, en concurrence avec la psalmodie antiphonée.
J'cfii, redcmptor gentium !
ostende parlum virginis :
miretur onine saeculum.
talis dccct partus Dcum !