‹ Histoire du Bréviaire romain (volume 3)Chapitre 161 sur 223 · Roskovàny. t. V, p · texte numérisé non relu

Roskovàny. t. V, p

'2. De nofo breviario tollendo consultatio... D. I. Joannes Je Arze presbyter pallantinus professione theologus, ap. Roskovanv, t. V, p. 635-720.

historien comme Platina a sciolus interdum et amator novïtatis ». Il avait raison lorsque, en exprimant chaleureusement le vœu de voir l'office férial plus fréquemment célèbre pour l'amour du psautier et de l'Ecriture sainte, et l'office dominical de rigueur chaque dimanche pour rester fidèle à la raison d'être du vieux bréviaire ita constabit ratio veteris breviarîi , il demandait que le calendrier des fêtes de saints fût intangible, et que les fêtes de saints eussent leur office, et que ces offices pussent être transférés comme par le passé. Il avait raison de prendre la défense des répons, des versets, des capitules, et de dire que, si ces détails sont propr s à l'office chanté au chœur et ne s'expliquent que par là. on ne saurait cependant admettre deux offices, l'un pour le chœur, l'autre pour la récitation privée, sans introduire dans l'office canonique quel qu'il soit une inévitable et tumultueuse confusion. Il avait raison de dire que l'office était fait pour être chanté, étant une prière et non une matière d'étude, et que c'était mêler deux exercices distincts et confondre deux buts que de vouloir transformer la récitation de 1 office en une lecture de la Bible; sans compter que, à chercher la simple instruction des clercs, il était plus expédient de leur faire goûter quelques textes faciles des saintes Lettres, des text>- visanl a L'édification des mœurs, que d'exposer l'Ecriture nue à l'incompréhension ou à la légèreté de gen- mal prép - ou mal intentionnés. Il avait raison plus encore quand il réclamait pour les droits de Vordo psallendi traditionnel de L'Eglise et en particulier de L'Eglise romaine, pour la distribution traditionnelle des psaumes entre les diverses heures de l'office, pour la partition traditionnelle d»-- Leçons <\<- La sainte Ecriture entre les divers temps de L'année, pour le nombre

traditionnel des nocturnes, pour tout cet ordre liturgique qui avait ses raisons mystiques, et qui était un reste évident [liaud obscura vestigia] de la plus vénérable antiquité.

C étaient là, que je sache, de judicieuses critiques ; et s'il en est d'autres moins fondées ou qui ne prouvent rien pour vouloir trop prouver, si même quelques considérations de Jean d'Arz, concédons-le au P. Arevalo, sont poussées à l'outrance déclamatoire, il y a telles pages de son mémoire qui sont animées d'une sincère et vivante éloquence. Eh quoi donc ! écrit-il, sera-ce quand nos peuples voient le clergé et les grands dignitaires de l'Eglise si appliqués à augmenter les revenus de leurs bénéfices, qu'il conviendra d'abréger l'office divin dont ces revenus sont la rétribution? Mais, plus encore, sera-ce dans un siècle de fer, dans un siècle porté vers les nouveautés les plus suspectes, quand le chant ecclésiastique est tourné en dérision, les heures canoniques proscrites, les cérémonies ecclésiastiques méprisées, les lois canoniques traitées d'inventions humaines, et cela partout, en Allemagne, en Suisse, en Angleterre; sera-ce quand parmi nous-mêmes, qui sommes orthodoxes, on voit régner le dégoût des choses ecclésiastiques, grandir le mépris des choses saintes, se propager la hardiesse à juger chacun pour soi des dogmes et des canons, sera-ce le moment de lâcher nos traditions Liturgiques, de paraître tacitement donner raison à nos adversaires, alor> que notre premier devoir serait de tenir ferme, et plus il y a chez eux de ruiner qui se déclarent plus nous encourager à soutenir L'édifice : « Et f///o plttra apud eos cadunt plura a nobis sunt substituenda ? »

Notez bien qu'il y avait quelque hardiesse à Je. m d\Arz

à s'exprimer si directement. Il se défend, dans les premières lignes de son mémoire, de vouloir rien condamner de ce qui est émané du Siège apostolique ou qui a été approuvé une fois de son autorité, et de faire le procès d'un si grand trône : « Id profltcri libet nos... ncc quidpiam damnare quod a Sede Apostoliea sit profectum ont eius auctoritate aliquando comprobatum,... nec tantam Scdem. quod absiî, in Jus vocamus. » Et pourtant avec quelle vigueur il critique le bréviaire « émané du Siège apostolique et approuvé une fois de son autorité ? Ce théologien espagnol, radical comme ils l'étaient tous en son pays, enveloppe son réquisitoire de formules qui. pour être adoucies et fuyantes, n'amortissent ni ne détournent les coups. Il conjure les Pères du concile de prendre garde à cet esprit de nouveauté qui discrédite l'antiquité, qui suggère des innovations partie fauss s, partie suspectes,... cet esprit si applaudi en ce siècle, et qui non content de produire en Allemagne de nouveaux rites, de nouveaux chants, de nouvelles hymnes, de nouveaux sacrements, de nouveaux canoi;-. de nouveaux bréviaires, entreprend de s'accréditer insidieusement chez les orthodoxes et de con>< mimer parmi eux le mystère d'iniquité : Caveant pastores] C'était une manière de dénoncer les affinités non voulues mais trop réelles qui existaient entre l'œuvre du cardinal Quignonez et l'esprit de la Réforme ••

1. On a relevé très justement l'influence qu'avait eue le brériaire de QuiLr"«'nez sur Cranmef et -ni' la constitution du Book of common prayer de l'Eg lise anglicane. Vby. F. A. Gusquel et V. l!i-h"j), Eduard VI and the book of common prayer [Londres, 1890 . pp et suiv.

Le bréviaire du cardinal Quignonez avait été publi Rome en 1536 : vingt-deux ans plus tard, il y était proscrit. Par un rescrit du S août 1558, le pape Paul IV, sans en condamner l'usage provisoire, décidait qu'il n'y avait plus lieu d'en autoriser de réimpression ' . Restait à pourvoir à la réforme du vieux bréviaire : après les essais de Clément VII et de Paul III, l'œuvre était encore à faire : Paul IV allait-il être plus heureux ?

Il entreprit cette réforme avec la fermeté de vues d'un homme qui y avait dès longtemps pensé. Son historien, Caracciolo, nous rapporte qu'il n'avait jamais voulu se résoudre à réciter le bréviaire de Quignone/. résumant « inconvenant et contraire à la forme antique2. » Il n'était pas moins sévère au vieux bréviaire romain. A une époque, en effet, où il ne s'appelait encore que Pierre G ara fa, et où. simple évêque de Chiéti Teate , il s'associait à saint Gaétan de Thiène pour la formation d'une congrégation de cler> - guliers la première en date de toutes et le prototype de celle de saint Ignace), la congrégation des Téatins, c'avait été un des points les plus neufs de la règle qu il avait inspirée que d'entreprendre à l'usage des Téatins une réforme du vieux bréviaire romain. De» 1533, dans une lettre adressée au dataire Giberto, Carafa exprimait le dégoût que lui causait la récitation de ce vieux bréviaire; il se plaignait de l'inélégance du style, d'y lire tant de textes d'auteurs suspects, comme Origène, et

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