‹ Histoire du Bréviaire romain (volume 3)Chapitre 162 sur 223 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

tant de légendes indignes de foi '. En 1529 ^21 janvier), le pape Clément VII écrivait par bref à C ara fa, pour féliciter les Téatins d'avoir, « pour l'honneur du culte divin et de la religion, conçu le dessein de ramener 1 office divin en usage dans la sainte Eglise romaine à une forme, leur semble-t-il, plus décente et mieux appropriée au progrès et à la dévotion des auditeurs et des célébrants2. » A cette époque même, la pensée de Carafa n allait à rien moins qu'à faire adopter par la cour romaine la réforme téatine du Bréviaire. Non seulement, en effet, les Téatins demandaient au pape Clément VII la faculté de réciter le Bréviaire tel qu'ils l'auraient corrigé, mais l'essai pratique de ce bréviaire une fois fait par eux, de « le présenter au Saint-Siège pour qu'il l'examinât et qu'il décidât s'il ne conviendrait point de le mettre dans l'usage public des Eglises ». Et Clément VII, dans ce même bref du 21 janvier 1529, leur donnait l'espérance que leur vœu pourrait être réali-

A ce même moment (1529 , le cardinal Quignonez s'était de son côté mis à l'œuvre, il n'y a pas lieu de douter qu'il eût entrepris la réforme du Bréviaire sans 1 approbation de Clément VII. Ce qui donne lieu, et non sans quelque apparence de raison . à Carraciolo d'accuser Clément VII d'inconstance et de versatilité : « Ce pontife, écrit-il avec amertume, n avait personne pour lui faire choisir les choses qui étaient bonnes et les réformes utiles à l'Eglise de Dieu, et tout ce qu'il avait de desseins, ou il ne les mettait point à exécution, ou il les abandonnait au premier essai, ainsi que dit

1. Otto lettre est citéepar Silos, Ilistoria clcricorum regularium (Rome, 1650), p. 95.

- L<- texte du bref dans Silos, ibid.

Florebello qui fut son secrétaire...1. » Il n'en était assurément pas de même de Paul IV, qui, montant sur le trône pontifical en 1555, y apporta les vues qu il avait, depuis 1524, de la réforme catholique, et reprit à son compte ce qui n'avait été pour Clément VII qu'une velléité fugitive, l'approbation pour toute 1 Eglise de ce bréviaire téatin, qui attendait depuis vingt-cinq ans son privilège .

Au préalable, Paul IV voulut le reviser une dernière fois... On sait peu de chose en somme du projet de Paul IV. Le père Silos lui-même n'en a pas connu d'autres détails que ceux donnés parle téatin Isachino, camérier de Paul IV, dans une lettre datée de 1561 et trouvée par Silos dans les archives du couvent romain de Saint-Silvestre2. Paul IV supprimait les homélies d'Origène et des auteurs qui n'étaient point d'une intègre religion; il voulait des textes vies saints Pères qui fussent irréprochables quant à la doctrine et quant au style ; aux nocturnes, des bénédictions qui fussent pleines de gravité, au lieu des bénédictions « ineptes et absurdes » qui servaient encore ; il éliminait les narrations de martyres qui manquaient d'autorité, pour n'en recevoir que de sûres el d'indiscutables; il supprimait les hymnes malsonnantes uhsonos) que l'on avait données à la tète de la Transfiguration et à celle de la Trinité ; il raccourcissait 1 office dominical de prime qu'il estimait démesurément long... S'il est permis d'en juger sur ces seuls renseignements, on peut dire que Paul IV avait compris mieux que Clément VII et que Paul III les conditions de la reforme, dont il sentait comme l'iix qu'elle s'imposait

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