Pimont, Les hymnes du bréviaire romain. Pari-, 1S7'i-*'j
le total donné par la préface de l'édition princeps de ce nouvel hymnaire, qui parut sous forme d'essai en 1629, et qui fut introduit dans le Bréviaire en 1632 ». — 952 syllabes sur moins de 1800 vers1. — « Mais on peut dire que cette correction n'agréa point à l'univers chrétien : à Rome même, la basilique de Saint-Pierre l'a toujours rejetée2; aucun des ordres religieux qui ont gardé leurs anciens rites ne L'a adoptée ; en France, je ne connais que le Bréviaire d'Auxerre de 1670 qui l'ait introduite en bloc. Les meilleurs canonistes Bouix par exemple , tout en maintenant, ce que personne ne conteste, l'obligation d'en user dans la récitation du Bréviaire, laissent entrevoir que 1 Eglise, par l'organe de son chef, pourra revenir un jour de la décision d'Urbain VIII, et reprendre l'ancienne forme3. »
La recension d'Urbain VIII fut promulguée par une bulle [Divinam psalmodiam] le 25 janvier 1631, et le Bréviaire sortit l'année suivante des presses vaticanes
La révision d'Urbain VIII clôt la série des révisions faites par le Sainl-Siège au texte du Bréviaire romain. En telle sorte, l'on peut dire que le Bréviaire d'Urbain VIII, ainsi que lui-même en exprimait la volonté dans la bulle Divinam psalmodiam, a constitué la vulgate du Bréviaire. De fait, les papes ses succes-
1. Hymni breviarii romani, SS. D. N. Urbain VIII jussu et S. R. C. approbatione emendati et editi, Rome, 1029.
2. Voy. Brei'iarium Romanumcum Psalterio proprio et officiiforum ad usum cleri Basilicae Yaticanae démentis X auetoritate édition, Paris. 167 i .
3. U. Chevalier, Université catholique, t. VIII, 1891, pp. 1 22-12 J
4. Bre^iarium Romanum ex decreto Sacrosancti Concilii Tridentini restitutum, PU V Pont. Max. jussu editum, et Clément is VIII primum, nunc denuo l'rbani VIII PP. auetoritate recoçnitum. Rome, 1632.
seurs, sauf en ce qui concerne l'introduction d'offices nouveaux, n'ont plus touché au texte du Bréviaire; et, en 1884. la congrégation des Rites, en faisant publier une édition type du Bréviaire romain, édition conforme aux diverses modifications de rubriques décrétées depuis 1632. et contenant le texte des offices postérieurs à 1632, a pu déclarer qu'elle entendait reproduire le pur texte d'Urbain VIII.
Cette vulgate cependant était-elle aussi impeccable qu'on aurait pu le souhaiter ? Si l'on avait trouvé, en 1602 d'abord, en 1632 ensuite, matière à correction, avait-on en ces deux révisions épuisé la somme des corrections désirables ? N'y avait-il pas à faire des sacrifices plus graves que ceux que la critique timorée et prématurée de Sirleto, la critique toute chronologique et militante de Baronius, la critique enfin littéraire et formelle du temps d'Urbain VIII avaient tour à tour con- - itis? Les offices nouveaux, introduits en si grand nombre depuis 1568, n'avaient-ils point été à l'encontre de la pensée de saint Pie V? En d'autres termes, une révision nouvelle et plus sévère n'était-elle pas opportune ? Telle est la question que l'Eglise gallicane allait mettre à l'ordre du jour, et dont le Saint-Siège allait être saisi.