‹ Histoire du Bréviaire romain (volume 3)Chapitre 185 sur 223 · Tillemont, Histoire ecclésiastique, t. V.. p · texte numérisé non relu

Tillemont, Histoire ecclésiastique, t. V.. p

leur eut inspiré d'étudier la liturgie dans ses sources, au lieu de la traiter a priori. Mais ils avaient pour eux une solide érudition historique, un sens judicieux des devoirs et des franchises de la critique. Et à qui eut trouvé excessive la maxime citée plus haut de Tillemont, ils auraient pu répondre : a L'on rend un service beaucoup plus considérable à la vérité et à l'Eglise, en ensevelissant dans le silence des choses qui ne sont pas tout à fait certaines, que lorsqu'on en avance de fausses, même parmi d'autres qui sont vraies : car il arrive que la moindre fausseté qu'un lecteur trouve dans une pièce le fait douter des autres choses les plus vraies, et il ne veut plus s assurer de rien dès qu'il s'est vu une fois trompé par quelque mensonge. » Ces paroles ne sont point de Tillemont, encore moins de Launov, mais bien du cardinal Baronius '.

Ce qui compromit la réforme de Harlav, ce fut qu'on crut pouvoir la dépasser, et, abandonnant le programme de Pie V, reprendre celui de Quignonez.

Ce retour a l'utopie liturgique du xvie siècle fut provoqué par une série de publications parues coup sur coup au début du xvnie siècle, concurremment avec la Fronde ecclésiastique qui suivit la bulle Unigenitus. Signalons le Traite de la messe et de V office diçin 1713) de Grancolas ; le Commentaire historique sur le Bréviaire romain 1727 du même; et, en 1720, le livre de Foinard intitulé Projet d'un nouveau bréviaire, dans lequel /'office divin, sans en changer la forme ordinaire, serait particulièrement composa- de i Ecriture .Sainte, instructif édifiant, dans un ordre naturel, sa/is renvois, sans répétitions et très court, avec des observations sur les

Page 1