Guéranger, t. II, p
texte de restaurer le temporal. Et leur indiscrétion allait être surpassée.
Il se trouva, en effet, un archevêque de Paris * , Mgr Charles de Vintimille, pour exécuter le projet de Grancolas et de Foinard, en enchérissant sur leurs propositions. Vintimille chargea de la constitution d'un nouveau bréviaire de Paris un oratorien suspect de jansénisme, le P. Vigier, et subsidiairement deux régents" du collège de Beauvais, François Mésenguy et Charles Coffin, tous deux appelants de la bulle Unigenitus. Le bréviaire de M. de Vintimille parut en 1736 : il devait rester en usage jusqu'à nos jours2.
Le bréviaire de M. de Vintimille donnait au dimanche la prérogative d'exclure toutes sortes de fêtes, à l'exception de « celles qui ont dans l' Eglise le premier degré de solennité ». En second lieu, une pré-
.. ative du même genre était accordée au carême, « avant jugé équitable de rappelée l'ancienne coutume de l'Eglise, qui ne jugeait pas que la solennité joyeuse des fêtes s'accordât as^ez avec le jeûne et la salutaire tristesse de la pénitence ; » on ntait « du carême toutes les fêtes, à l'exception de celles dans lesquelles on
bs tient d'oeuvres serviles ». En troisième lieu, on récitait les psaumes de la férié à toutes les fêtes, a l'exception des fêtes consacrées aux martyrs ou à la sainte Vierge- En quatrième lieu, et c'était une des innovations les plus notables, on avait divisé le psau-
1. Joignons-y pour mémoire l'archevêque de Rouen (171 lêvèque d'Orléans (1731), l'archevêque de Lyon 1738).
2. Breviarium parisiense ///. et Rev. in Christo Patris DD . Caroti-Gaspar-Guillelmi de Vintimille, c comiiibtis Massiliae Du Luc, Pariensis Archiepiscopi... auctoritate , ac Vcnerabihs eiusdem Eccîesiae Capituli consensu vditum. Paris, 1"
tier de façon à pouvoir assigner des psaumes propres à chaque férié et même à chaque heure, en coupant ceux qui étaient trop longs : d'où il résultait que le psautier pouvait presque toujours être lu en entier dans l'espace d'une semaine.
L'office du temps ainsi restauré, il fallait alléger le calendrier. On y supprima d'abord une série de fêtes : la Chaire de saint Pierre à Antioche ; les octaves de saint Etienne, de saint Jean, des saints Innocents, de saint Jean-Baptiste, des saints Pierre et Paul, de la Conception, les fêtes de saint Vital, sainte Domitille, saint Alexis, sainte Marguerite, sainte Praxède, saint Calliste, sainte Félicité, etc. D autres fêtes furent réduites à des mémoires : saint Georges, saint Martin pape, saint Silvestre, etc. L'hymnaire, par une concession au goût du temps, n'avait point été supprimé, mais renouvelé et développé : Santeuil et Coffin en avaient fait les principaux frais, enchérissant sur les délicatesses littéraires des jésuites d'Urbain VIII, et mêlant à leur inspiration poétique de trop manifestes réminiscences de YAugustinus. Le lectionnaire, en ce qui est des légendes des saints, était marqué au sceau de « la nouvelle critique », au jugement de dom Guéranger ' . Le lectionnaire et le responsoral étaient fournis par l'Ecriture Sainte uniquement, plus d'une fois el ti malignement interprétée dans le sens janséniste et appelant-. Quant au gallicanisme de l'œuvre, il suffit d'en donner un exemple : on avait remplacé linvitatoire Tu es pastor ovium princeps upostoiorum, de la fête de la