‹ Histoire du Bréviaire romain (volume 3)Chapitre 209 sur 223 · Analecta, p · texte numérisé non relu

Analecta, p

jetée du Bréviaire, et de dire pourquoi elle n'a pas été réalisée.

D'abord, on constatera la fidélité, le respect de la congrégation pour les éléments antiques du Bréviaire romain, j'entends pour le psautier tel qu'il s'y trouve distribué, et pour L'office du temps. La congrégation n'y propose aucune correction : elle se défend de toucher à la distribution traditionnelle romaine du psautier entre les divers offices; elle se défend de toucher à l'office temporal. Mieux encore, elle défend ces œuvres vives et essentielles de l'ancien office romain avec la plus remarquable décision. Dès juillet 1741, dès sa première réunion, elle déclare mettre hors de cause la distribution romaine des psaumes. Lorsque, en mars 1744, le cardinal Tamburini, ralliant à son sentiment les autres cardinaux de la congrégation cardinalice du Bréviaire, demande que l'on discute la distribution du psautier de préférence au calendrier, elle s'y refuse ; elle repousse les divers projets de distribution des psaumes qu'on lui transmet, par une fin de non recevoir. Et, en septembre 1744, elle a la satisfaction de voir Benoît XIV la confirmer de son assentiment dans cette résolution. La constitution même de l'ancien office romain est à ses yeux indiscutable. C'est là une différence tranchée qui distingue l'œuvre des liturgistes de Benoît XIV de l'œuvre des liturgistes gallicans, Ceux-ci avaient demandé et exécute un remaniement. une réfection totale du Bréviaire : les liturgistes romains sont unanimes à n'en vouloir tenter qu'une correction, ainsi que l'a entendu faire Clément \ III. Si un jour, en décembre 1744, ils sont tente- de fair< l'office du temps plus qu'une simple correction, Valenti et Benoit XIV leur rappelleront immédiatement qu'ils

se le sont eux-mêmes interdit : «... propterea quod Breviarii reformatio sibi esset in votis, non innovatio, » leur dit lui-même le Souverain Pontife ' .

En fait, sauf cinq ou six modifications sans importance au lectionnaire temporal, l'office du temps sort intact de la révision des liturgistes romains. L'économie et le texte de ce qui est en réalité l'ancien office romain était au dessus de toute correction, et nos liturgistes romains ont cette supériorité sur les liturgistes gallicans de s'en être d'abord convaincus, et de s'y être toujours tenus.

En second lieu, et c'est ce dont on ne saurait trop les louer, ils mettent leur méthode à travailler, non point à l'encontre du concile de Trente et de saint Pie V, mais en conformité avec le concile et le pape à qui nous devons le Bréviaire réformé. C'est parce que la distribution du psautier a été maintenue, et le temporal consacré par Pie Y, qu'ils y tiennent si fermement. Et si, au contraire, ils entreprennent si audacieusement la réforme du calendrier et du sanctoral, c'est qu'ils se sont persuadés, sur la foi même des liturgistes de Pie Y, que la pensée du concile et du pape a été de réduire le sanctoral au bénéfice du temporal, de multiplier les offices dominicaux et fériaux aux dépens des offices de saints. La priori liturgique, qui est le vice des diverses réformes gallicanes du Bréviaire, est absent de la méthode de nos liturgistes romains : Yintimille réalisait les projets de Grancolas, de Foinard et de Vigier ; Benoît XIV entend reprendre le projet de Pie V et restaurer, en la perfectionnant, l'œuvre du concile de Trente.

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