Chrvsostom., loc. cit. Pseudo-Athanas., loc. cit
exercice encologique public, — encore ne s'agit-il que de l'office du matin au chant du coq et de l'office du soir au coucher du soleil, — c'est dans un document du milieu du ive siècle et d'origine syrienne, le second livre des Constitutions apostoliques. On y voit les fidèles conv par l'évêque à venir à l'église le dimanche et le samedi ; entendez à l'office de la vigile dominicale : « Praecipue die sabbati et die dominica studiosius ad ecclesiam accurrite. » Mais l'évêque doit aussi encourager de tout son pouvoir les fidèles à venir à l'église tous les jours, le matin et le soir, pour prendre part à la psalmodie et à la prière présidée par le clergé : « Singulis diebus congregemini marie et vespere psallentes et orantes in aedibus dominicis { . »
L'usage d'ouvrir ainsi chaque matin et chaque soir l'église aux ascètes et aux vierges pour que, sous la direction des clercs, ils y célébrassent leurs exercices, c'est à savoir les vigiles quotidiennes, cet usage avait été inauguré à Antioche du temps de l'évêque semiarien Léonce (344-357), prélat charitable et inconsistant, fort malheureux de se voir à la tête d'une Eglise où les partisans de la foi nicéenne étaient nombreux et zélés. Les ascètes y formaient le gros du parti nicéen, lequel avait pour chefs deux laïcs de haut rang, Flavien et Diodore. L'ombrage que portait à Léonce la confrérie conduite par de tels hommes le conduisit à des con cessions : en 350, il expulsait l'arien Aétius que luimême avait eu la faiblesse d'ordonner diacre et de recevoir dans l'Eglise d'Antioche. Il fit plus. De même que les hospices ixenodoehia) avaient pour les administrer des préfets laïques nommés par l'évêque, ainsi voulut-
l. Constitut. apostat., II, 59.
il que les confréries (asketeria) fussent gouvernées par des préfets de son choix, et il promut Diodore à cette charge. Cet événement dut se placer entre 350 et 357, plutôt vers 350, date de l'expulsion d'Aètius. Et c'est à cet événement que se rattache l'introduction de l'office quotidien des ascètes et des vierges dans le service des églises.
Puis, car ces confréries de Diodore avaient été. de 350 à 378, l'école où s'étaient formés les plus marquants des hommes d'Eglise de la dernière partie du ive siècle, — il suffit de nommer Théodore de Mopsueste, saint Basile et saint Jean Chrvsostome, — la réforme exécutée sous l'évêque Léonce à Antioche fit en vingt ans la conquête des Eglises de l'Orient grec. Saint Basile l'introduisit à Gésarée, malgré l'opposition d'une partie du clergé, que heurtait dans ses vieux usages cette innovation liturgique (375) *. A Milan saint Ambroise, évêque depuis 374 et ami personnel de saint Basile, inaugura l'usage oriental des vigiles quotidiennes : « Hoc in tempore, écrit Paulin, biographe de saint Ambroise, primum... vigiliae in ecclesia mediolancnsi celehrari coeperunt2. » A Jérusalem, où les ascètes et les vierges étaient plus nombreux que nulle part ailleurs, cet office public quotidien prit une solennité plus grande aussi.
Une femme gallo-romaine, qui visitait les saints lieux vers 385-388 et dont nous possédons le journal de voyage3, — cent pages de petit latin qui sont un des plu> précieux joyaux de l'ancienne littérature chré-