‹ Histoire du Bréviaire romain (volume 3)Chapitre 27 sur 223 · Socrat., //. £., VI · texte numérisé non relu

Socrat., //. £., VI

LA GENÈSE f)KS HEURES

cité originelle, n'était qu'une mélopée assez monotone, devint tout de suite une mélodie aussi variée qu'expressive. Le chant des psaumes, après avoir commencé par être un simple récitatif, tournait ainsi au graduel. En 387. lorsque Flavien, évêque d'Antioche, se rend à Gonstantinople pour demander la grâce des habitants d'Antioche menacés de la colère de Théodose, pour mieux toucher le cœur du grand empereur, il demande « aux jeunes gens qui ont coutume de chanter à la table du prince d'exécuter les psalmodies suppliantes d'Antioche1 ». Théodose est saisi parle caractère de cette musique religieuse si expressive et si nouvelle ; des larmes d'émotion tombent dans la coupe qu'il tenait à la main 2. Lorsque saint Jean Chrysostome sera fait évêque de Gonstantinople, il installera la musique antiochienne dans son Eglise et donnera la direction des chœurs à un eunuque de l'impératrice 3, le maître-chanteur de la cour.

Le chant antiphoné recevait à Milan un développement semblable à celui que nous constatons à Antioche. Saint Ambroise, pour augmenter l'éclat des vigiles quotidiennes de son Eglise, y faisait exécuter les psaumes « secundum more ni orientalium partium, ne populus moeroris taedio contabesceret ». Et cette innovation s'étendait rapidement à « presque toutes les Eglises de l'Occident ». « Combien ai-je pleuré, écrivait plus tard saint Augustin, combien ai-je pleuré au son de cette psalmodie, remué que j'étais par les voix de ton harmonieuse église : Quantum flevi... suave sonantis ecelesiae tuae vocibus commotus acriter ! « Et cependant le même

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