‹ Histoire du Bréviaire romain (volume 3)Chapitre 28 sur 223 · Id.. ibid., VIII · texte numérisé non relu

Id.. ibid., VIII

Augustin n'est pas loin de considérer cette psalmodie en musique comme une invasion inquiétante de l'art dans l'austérité traditionnelle du culte. « Oui, j'ai pleuré aux accents de ces voix et j'ai trouvé de la douceur dans mes larmes. Mais, pardonnez-moi ma sévérité si ma sévérité est une erreur, je voudrais bien souvent éloigner de mes oreilles, et des oreilles de l'Eglise ellemême, toute la mélodie suave de ces chants avec laquelle on exécute maintenant la psalmodie davidique. » Et ce lui est l'occasion de rappeler le mot de saint Athanase, — qui tam modico flexu vocis faciebat sonare lectorem psalmi , ut promtncianti viciiiior esset quant canenti, — et d'ajouter : « Le goût d' Athanase était le plus sûr '. »

Ce qu'était cette musique antiochienne et cette musique milanaise, il ne nous appartient pas ici de le rechercher. Nous ne devons que remarquer 1 illusion dont était victime le beau génie de saint Augustin. Il regrettait la simplicité antique de la psalmodie, se rendant, semble-t-il, mal compte que cette simplicité n'était plus séante à la pompe du culte chrétien triomphant. L'art chrétien naissait sous toutes ses formes : architecture, peinture, cérémonial. A ces foules de fidèles assemblées sous les marbres et les mosaïques étincelantes de 1 Anastasis ou des Saints-Apôtres, à ces longues théories de clercs aux vêtements blancs, « plus blancs que ceux du peuple et de préférence éclatants, » il fallait l'attrait et le prestige d'une musique chorale pénétrante et ornée, comme l'était de même l'éloquence de saint Jean Chrysovtome et aussi celle de saint Ambroise. Il n'est pas désirable que les arts, qui sont un langage, en se mettant au service de l'Eglise,

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