‹ Histoire du Bréviaire romain (volume 3)Chapitre 29 sur 223 · Augustin., Confess., IX, 6-7 ; X · texte numérisé non relu

Augustin., Confess., IX, 6-7 ; X

deviennent indépendants des révolutions du goût et des mœurs, et se fixent un canon immuable. Cela est vrai surtout de la musique. Saint Augustin avait tort contre saint Jean Chrysostome et contre saint Ambroise,

comme à leur tour auraient tort les plainchantistes d'aujourd'hui, qui voudraient nous donner le plainchant du vne siècle, comme l'expression dernière de la musique chrétienne, et dire à leur tour : le goût de saint Ambroise — ou de saint Grégoire — était le plus sûr.

L'œuvre liturgique du ive siècle est accomplie. Elle a consisté à organiser la quotidienneté d'un double service psalmodique : d'une part, le cours [cursus] nocturne, comprenant les vêpres, l'office nocturne au chant du coq, enfin les laudes matinales ; d'autre part, le cours diurne, comprenant les trois psalmodies de tierce, de sexte et de none ; ces deux cours célébrés à l'église par les confréries de vierges et d'ascètes sous la direction des clercs, et célébrés avec une pompe musicale toute nouvelle, « protelati untiphonarum melodiis et adiunctione quarumdam modulationum , » comme dit Jean Cassien1. Cette révolution liturgique s'est faite sous 1 influence et presque sous la pression de ces confréries de monazontes et de parthenae.

Or, il arrive que, à dater du règne de Théodose et du moment où le catholicisme devient la religion sociale du monde romain, une scission profonde se produit dans la société religieuse. Ces ascètes et ces vierges, qui ont vécu jusqu'ici dans la communauté des fidèles, abandonnent le siècle pour passer au désert. Le céno-

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