‹ Histoire du Bréviaire romain (volume 3)Chapitre 37 sur 223 · Gf. Raue historique . 1892, t. XLVII. p. 384 et suiv · texte numérisé non relu

Gf. Raue historique . 1892, t. XLVII. p. 384 et suiv

LES ORIGINES DE h'ORDO PSALLENDI ROMAIN 39

On y voit marquée l'antique distinction entre I synaxes liturgiques, employées à la célébration des saints mystères ob/atio), et les synaxes eucologiques, employées à la seule louange de Dieu (oratio). Chaque fois qu'il se célébrera une synaxe liturgique, l'évêque réunira ses diacres et ses prêtres, vêtus de vêtements blancs, plus beaux que ceux du peuple et éclatants. Il réunira ses lecteurs, vêtus eux aussi d'habits de fête. Les lecteurs se tiendront à l'ambon, où l'un succédera à l'autre, jusqu'à ce que le peuple soit tout entier réuni. Après quoi l'évêque prononcera une oraison et accomplira la liturgie. C'est là le programme et l'appareil de la messe romaine à la fin du 11e siècle : la célébration des saints mystères précédée d'une série de leçons et d'une oraison épiscopale ou collecte1. — Les synaxes eucologiques ont un autre programme et un autre appareil. Ici, il n'est plus question de la présence de l'évêque, mais seulement de ses clercs, diacres et lecteurs. Il n'est plus question, non plus, de vêtements de fête. La synaxe eucologique se. célèbre au chant du coq tcmpore gallicinii ; elle se célèbre à l'église [in ecclesia , mais elle n'est point quotidienne, car les mêmes canons prévoient le cas où il n'y aura point de telle réunion matinale à l'église, et où le fidèle y devra suppléer par des exercices privés et individuels : « Quocunque die in ecclesia non orant, sumas Scripturam ut legas in en : sol con&piciat matutino tcmpore Scripturam super genua tua -. »

Donc, à certains jours, pas quotidiennement, on se réunit à l'église, au chant du coq. La réunion est obli-

1. Canones Hippol. (éd. Achclis , n. xxxvn. -. /</., n. xxvn.

gatoire pour les clercs. Le clerc qui y manquerait sans raison grave serait excommunié : « De clero autem qui convenire negligunt, neque morbo neque itinere impediti, separentur. » Enfin cette réunion au chant du coq est employée à trois exercices : la psalmodie, la lecture des saintes Ecritures, les oraisons : « ... vacentque psalmis et lectioni Scripturarum eum orationibus * . »

Si Ton veut bien rapprocher ces textes de ceux que nous ayons cités au chapitre précédent, de ceux de Tertullien notamment, on reconnaîtra sans peine, dans ces ^ynaxes eucologiques prescrites à certains jours au chant du coq, les vigiles des dimanches et des stations. On remarquera, en outre, qu'il n'y est nullement question d'office vespéral. A Rome, la vigile commence au chant du coq : l'office vespéral public, célébré par les Eglises d'Orient, est ici inconnu. Il le restera longtemps encore. Que si, enfin, les canons d'Hippolyle prescrivent de prier à tierce, à sexte, à none et à «. l'heure où le soleil se couche, parce que c'est la fin du jour2 », c'est en termes identiques à ceux dont se sert

înt Cyprien3, et en assimilant ces exercices à ceux, tout privés et individuels, par lesquels le fidèle suppléait le matin à l'absence de réunion solennelle à l'église. Et. tandis que nos canons « séparent » le clerc qui, sans raison grave, manque à assister aux vigiles, marquant par là ce qui différencie le précepte du con- Beil, ces mêmes canons n'attachent aucune sanction à l'observance de tierce, de sexte, de none, non plus qu'a l'observance de la prière privée du matin et du soir.

Il en -'tait de même encore à la lin du ive siècle. Pour

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