De Rossi, Roma soticrranea, t. III, p. U9H et
LES ORIGINES DE LOIÎDO PSALLENDI ROMAIN 57
« Ce sont de véritables déclamations contre les moines... On fait remarquer à Dieu que son Eglise contient maintenant de faux confesseurs, mêlés aux vrais; on parle beaucoup des ennemis, des calomniateurs, des orgueilleux qui s'estiment meilleurs que les autres et les déchirent, qui se présentent sous des dehors pieux, sub specie gratiae, mais avec l'intention de nuire. On proclame la nécessité de se défendre contre eux'... » Si l'on peut prendre de tels propos liturgiques pour l'expression publique de l'opinion, ne fût-ce que d'une partie du clergé romain, il n'y a pas lieu de s'étonner que le monachisme ait mis un temps énorme à se faire accepter à Rome. Ce n'est qu'au VIe siècle, en effet, que nous voyons les moines se multiplier dans la ville éternelle, et, un instant, y jouer le rôle d'un parti puissant. L'élection du pape Pelage, en 556, n'est-elle pas mise en question par l'opposition des moines romains? « Monastcria et multiiudo religiosorum... subd.uxeru.nt se a communionc eius, » dit le Liber pontifie alis . Saint Benoît est sorti de ce monde monacal romain. Saint Grégoire y prendra saint Augustin et ses compagnons, les apôtres de l'Angleterre, « Augustinum et alios plurcs monachos timentes Deum, » dit encore le Liber. Mais cet état du monachisme romain sur la fin du VIe siècle n'est qu'une lueur; la faveur que lui vaut particulièrement la protection de saint Grégoire cesse sitôt la mort de saint Grégoire y 004 ; et les clercs qui rédigeront cette partie du Liber pontificalis trahiront en plus d'un endroit le sentiment de joie partiale que cette réaction leur inspiré. On les verra féliciter le pape Savinien 004-000 d'avoir, dans son court ponti-