Id., ibid
LES ORIGINES DE lORDO PSALLEND1 ROMAIN 71
sous le vocable des saints. Les églises presbytérales ou titres portaient le nom du fidèle ou du pape qui les avait établies à ses frais. On disait, au ive et au v* siècle, le titre de Vestina, le titre de Lucina, le titiv de Fasciola, le titre de Damase, le titre de Pudens, le titre de Clément..., pour désigner ces églises paroissiales. Plus tard seulement, au déclin du vie siècle et au courdu vne, les églises de diaconies furent fondées sous des vocables de saints : on eut, intra muras, les basiliques de Saints-Coine-et-Daraien , de Saint- Adrien , de Saints-Serge-et-Bacchus, de Sainte-Lucie..., par assimilation aux basiliques suburbaines élevées sur le tombeau même des martyrs et pour ce fait nommées de leurs noms.
C'est uniquement dans les cimetières suburbains que se célébraient à l'origine les anniversaires des martyrs, de même que les anniversaires des défunts de cbaque famille. Un texte peu explicite du Liber pontifie alis attribue au pape Félix (269-274 1 institution de synaxes liturgiques sur la tombe des martyrs; mais, comme le fait observer M. Duchesne, ce texte ne témoigne que de l'usage romain du commencement du VIe siècle, c'est-à-dire de l'usage contemporain de la rédaction de ce texte du Liber ' . On sait cependant, grâce à Prudence, que cet usage existait au commencement du ive siècle : le jour anniversaire de la mort d'un martyr, la messe était célébrée soit sur les autels des basiliques cimétériales, qui s'élevaient au dessus du tombeau, soit dans la crypte elle-même si elle existait encore . sur un autel placé à côté du tombeau. La messe '/(/ corpus, si restreint pouvait être le nombre des assistants, était par
la force des choses une messe quasi privée ; l'autre, au contraire, célébrée dans une enceinte souvent fort vaste, ou même à ciel ouvert sur Yarea du cimetière, était une missa publica '. Le peuple pouvait y assister en foule. Parlant de 1 anniversaire de saint Hippolyte, sur la voie Tiburtine, Prudence distingne soigneusement la crypte où est le corps du martyr et où les fidèles viennent journellement et individuellement prier :
Haud procul extremo culta ad pomoeria vallo
mersa latebrosis crypta patet foveis...
Ipsa Mas animae exuvias quae continet intus
aedicula argento fulgurat ex solido ;
et la basilique, celle de Saint-Laurent, élevée au rez du sol, où, le jour anniversaire du martyr, le peuple et les pèlerins viennent en foule assister aux solennités liturgiques :
Jam cum se rénovât decursis mensibus annum
natalemque diem passio festa refert...
urbs augusta suos vomit effunditque Quirites... Exsultat jremitus variarum kinc iiide viarum...
Stat sed juxta aliud quod tanta frequentia templum
tune adeat. cultu nobile regifico.. .
Plena laborantes aegre domus accipit undas
arctaque confertis aestuat in foribus... . -
Mais, dans tout le poème de Prudence, on ne voit pas qu'il soit question de fêter l'anniversaire de saint Hippolyte autrement que par la solennité d'une messe. L'auteur du traité De haeresi praedestinatorum, qui écrivait au ve siècle, donne au contraire à entendre