‹ Histoire du Bréviaire romain (volume 3)Chapitre 67 sur 223 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Ici est le point culminant de tout le développement historique que nous avons à embrasser. Cinq siècles d'archaïsme : un siècle de préparation prochaine ; puis l'âge d'or, deux siècle^ d'âge d'or, le vne siècle et le vme. durant lesquels s'est formé, dans la basilique de Saint-Pierre, ce cursus qui, avec les moines anglosaxons du vne siècle, a triomphé du cursus bénédictin; qui, avec les princes carolingiens, triomphe du cursus gallican ; et qui en arrive à être le canon de la chrétienté latine. Moment unique de fortune et de perfection, où il importe de le saisir et de l'analyser.

Les documents où nous avons à puiser sont nombreux et explicites.

Si. en effet, nous n'avons aucun des Libri responsales romains du vme ou du ix° siècle, nous avons du moins l'œuvre du liturgiste frank Amalaire * , qui. en a'ayant l'intention que de commenter et de défendre la lettre de l'office canonique tel que les Églises franques le pratiquaient après la réforme de Pépin el de Charlemagne, nous a donné une description minutieuse de cet oliice

1. P. L.. t. CV. p. 985 et buîv. Ifabillon, Vêlera anaîecta (éd. de 1723 . p. 93-l<

romano-frank et des détails qui le différenciaient d lors de l'office romain pur. Amalaire, clerc de Metz, disciple d'Alcuin, conseiller de Louis le Débonnaire, maître de l'école du palais, était, lui aussi, allé à Rome (827), et ce pour perfectionner sa science liturgique auprès des « ministres de l'église de Saint-Pierre » ; de plus, il avait en mains les « antiphoniers » authentiques donnés par le pape à l'abbaye de Corbie*. Amalaire est donc un excellent témoin des rubriques romaines du temps de Charlemagne. À défaut de Libri responsales romains du vme siècle, nous en avons un du xne siècle d'origine romaine, mieux encore provenant de Saint-Pierre même : l'antiphonaire publié par le cardinal Tommasi et aujourd'hui encore appartenant à la bibliothèque du chapitre de Saint-Pierre-. Document d'époque tardive assurément, mais qu'il suffit de comparer aux rubriques fournies par Amalaire peur constater qu'il représente, à bien peu d éléments près, la liturgie romaine contemporaine d' Amalaire. On n'en saurait dire autant, il s'en faut, d'antiphonaires plus anciens pourtant, — tel que l'antiphonaire de Compiègne 3, admirable manuscrit de la fin du ixe siècle, publié par Mahillon, — parce qu'ils représentent l'office non plus romain pur, mais romano-frank, et cet office adapté à l'usage monastique. A l'œuvre d' Amalaire et à l'antiphonaire de Saint-Pierre, on joindra avantageus ment les ordin.es romani, ceux-là du moins qui sont li s plus anciens el purement romains, tels Yordo de Saint- Amand publié par M. Duchesne \ ou Yordo l de

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