Amalar., De off. eccL, IV. S
tune vadunt cum silentio pàusare in lectula sua. » On le voit, tout est à part dans cet office de compiles, et tout est à part parce que compiles est une heure privée.
L'office nocturne proprement dit commençait au milieu de la nuit. Au son de la cloche1, tout le pieux personnel des clercs et des moines arrivait à la basilicpie. L'office s'ouvrait par le verset Domine labia me a aperies dit par le président du chœur et suivi d'un Gloria Patri. Le verset Deus in adiutorium aurait fait double emploi avec le Domine labia : il ne figurait donc point en tète de l'office. Immédiatement après le Gloria Patri, le psaume Venue exulte/nus ou invitatoire.
Remarquez bien cette admirable pièce. Elle n'est point, comme on l'a dit souvent, un reste de « l'ancienne manière de chanter ce que nous appelons les antiennes », mais bien un reste de l'ancienne manière de chanter les psalmi responsorii; et c'est très justement que l'auteur frank du vne siècle, connu sous le nom de Magister a/ioni/mus, à qui nous devons le plus ancien commentaire de la règle bénédictine, donne à l'invitatoire le nom de « responsorium hortationis'2. » Ici, en effet, un soliste chante d'abord le verset, lequel n'est point une antienne véritable, mais un acrostiehion , et le chœur répète à l'unisson le verset. Puis, au lieu que ce soit le choeur qui chante le psaume, c'est le soliste qui l'exécute, et le chœur ne fait que répéter à chaque deux versets Yacrostichion du début. Nous retrouvons là l'antique psalmodie ecclésiastique.
L'invitatoire exécuté, le chant des psaumes commence. Le nocturne compte douze psaumes, douze