‹ Histoire du Bréviaire romain (volume 3)Chapitre 96 sur 223 · Friedbcrg, t. I. p · texte numérisé non relu

Friedbcrg, t. I. p

1° A Pascha ad acquinoctium III lectiones;

2° Ab aequinoctio ad Pasclia IV lectiones ;

3° Dominico temporc... IX lectiones.

En d'autres termes, la fixation de l'office canonique du temps que nous venons de décrire datait du vne-vnie siècle. A ces deux siècles, Age d'or de la liturgie romaine cantilénée, revenait la création de l'admirable office dont nous venons d'analvser bien imparfaitement les harmonieuses beautés.

On a vu au chapitre précédent comment aux environs de 750 l'office des saints du sanctoral, maintenu jusqu'alors en dehors de l'office quotidien des basiliques urbaines, et fidèle en cela à sa tradition d office cimétérial, s'était fait sa place dans l'office des basiliques. Cette place devait être d'abord petite, à côté du grand office quotidien. Loin de se substituer à l'office dominical ou férial, l'office sanctoral s'y ajoutait : on exécutait l'office du temps, et, en outre, l'office du saint, de même qu'aujourd'hui nous ajouterions à l'office du jour l'office des morts. L'office sanctoral, tard reçu dans la liturgie des grandes basiliques urbaines, devait y constituer un office supplémentaire, adventice. Mais il se fondit vite dans le grand office quotidien. A l'époque d Amalaire, la fusion était faite.

On distinguait dès lors deux degrés dans les offices de saints. 11 y avait les fêtes mineures et les têtes majeures [minores et maiores festi) : ce sont les termes mêmes de Yordo de la Vallicellane * . L'Anonyme de

1. Tommasi, t. IV, p. 321-327. a publié ce curieux ordo, d'après

le ms. Vallicellan D, 5, du x°-xie siècle. Cet ordo nous fournira plu-

Gerbert parle seulement de « sancti principales », par opposition à d'autres qui ne le sont pas : ce qui revient à la même rubrique.

Les fêtes mineures correspondaient à nos fêtes simples d'aujourd'hui : l'office férial à peine modifié. Ainsi, aux vêpres, qui étaient de la férié, le verset et l'antienne du Magnificat étaient seuls du saint. Au nocturne, les psaumes et les répons étaient de la férié, mais l'antienne de linvitatoire, le verset et les trois leçons étaient du saint. A laudes comme aux vêpres tout était de la férié, sauf le verset et l'antienne du Benedictus qui étaient du saint. X'était donc que les leçons sanctorales évinçaient les leçons de l'Ecriture occurrente, on pourrait dire que la fête mineure était peu de chose de plus qu'une mémoire et ne faisait point tort à l'office férial '.

En principe, les fêtes majeures n'évinçaient pas davantage l'office férial, mais le principe ne subsista pas longtemps. Dès la seconde moitié du vme siècle, nous constatons que les vêpres ne sont plus de la férié, mais du saint : cinq psaumes [psalmi dominicales) et les antiennes sanctorales [antiphonae de sanctis). Ainsi pareillement à laudes. Au nocturne toutefois, l'office férial défendit mieux son droit de possession séculaire.

Le saint n'eut d'abord qu'un nocturne supplémentaire et distinct du nocturne férial; ce nocturne s'exécutait au préalable, soit peu après les vêpres. Une transformation de seconde venue consista à rendre facultatif le

sieurs importantes rubriques. Mais ce n'esl point un ordo romain pur ; c'est L'adaptation de Y ordo ou capitulare romain aux coutumes d'une église cathédrale inconnue. Il est possible qu'il ait été rédigé à l'extrême fin du vnr siècle.

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