lOAN. ADllINCEN. De off. cccL p. 80 [p. fiO
3. Microlog. 60 : « Quidam offîcium de sancta Trinitate in octava Pentecostes instituunt,... sed non est authenticum. Nani (juidam Leodicensis Stephanus idem olïicium, sicut et historiam
les répons] de inventione s. Stephani, composuisse asseritur, quae utraque ab apostolica sede respuuntur. Unde piae laemoriae Alexander papa de hac re inquisitus, respondit iuxta lomanum ordinem nullum diem adscribi debere solemnitati sanctae Trinitatis, sicut nec sanctae unitatis, praecipue cum
Ainsi la fête de la Transfiguration de Notre- Seigneur, attestée pour la première fois en Espagne au ix^ siècle, adoptée et propagée par Cluny, le texte do FolTice étant l'œuvre, dit-on, d'un abbé de Cluny, Pierre le Vénérable (-j- 1157) '.
Ainsi la fête de la conception de saint Jean-Baptiste
in omiii dominica, imo cotidie, utriusque memoria celebretiir... Incongruum ergo videlur unani dominicam cum oratioriibus Albini et cantu Stepliani de sancta Trinitate celebrari. » - Jean Beleth note les scrupules du pape Alexandre II, mais il passe outre : « Solet in octava Pentecostes cantari et legi do Trinitate, quantumvis Alexander papa interrogalus an etiam lieri debeat, dixerit se nescire dieni peculiarem de Trinitate, nec de unitate. » Rationale, 62. — Durand de Monde, dans sou Rationale, vi, 114, note les scrupules d'Alexandre II, il note aussi que la fête de la Trinité est reçue « in plerisque locis )>. Il attribue les répons, les antiennes, la messe et la séquence de la Trinité à Alcuin, dont il fait un contemporain du pape Alexandre IL II y a, en effet, une messe De sancta Trinitate dans le sacramentaire d'Alcuin (P. L. CI), mais il ne s'agit pas d'une fête propre.
Marte NE, De antiq. Eccl. discipl. p. 545 : « In vetustissimo sacramentorum libro monasterii S. Dionysii in Francia ante annos 800 exarato [= ix'^ siècle], in altero Turonensis ecclesiae ejusdem circiter aetatis, in Garnotensi S. Pétri annorum 700 [= xr siècle], missa intégra habetur de SS. Trinitate, de qua etiam Joannes Abrincensis scribit... sed et Rupertus [= Robert de Tuy, f 1135] in lib. xi de divinis officiis c. 1. [P. L. CLXX, 293] de hoc festo tamquam ubique recepto loquitur. » Martene cite en outre un texte de Catulfus, Instructio epistolaris ad Carolum regem, Gharlemagne (P. L. XGVI, 1366), qui me semble établir au contraire que la fête n'existait pas, puisque Gatulfus demande à Gharlemagne d'instituer une fête « in honore sanctae trinitatis et unitatis, et angelorum, et omnium sanctorum ».
1. Inconnue au Micrologiis, pas mentionnée par Jean d'AA ranclies; acceptée par Jean Beleth, Rationale, 144. Sur l'origine espagnole de la fête de la Transfiguration, Baeumer. 1. I, p. 428.
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(24 septembre) et la fête de la conception de Marie (8 décembre) . De ces deux fêtes, d'origine irlandaise, et attestées au ix°-x® siècle, la première a disparu, tandis que la seconde, après une éclipse momentanée au xi*^ siècle, est relevée en Angleterre par Elsin, abbé de Ramsay (1080-1087), propagée en Angleterre et déjà très discutée dans la première moitié du xii*^ siècle, propagée en France dans le même temps, et (vers 1140) combattue avec éclat par saint Bernard apprenant que Lyon l'a adoptée. « Avant d'agir ainsi, dit saint Bernard aux Lyonnais, il fallait consulter l'autorité du Siège apostolique et ne pas se mettre précipitamment et inconsidérément à la remorque de quelques gens simples et ignorants... Je m'en rapporte pour tout ceci comme pour tout le reste, à l'autorité et au jugement de l'Eglise romaine, prêt à corriger selon son avis mon propre sentiment ^ » La fête ne sera pas de longtemps encore reçue à Rome.
11 y a une troisième caractéristique, la plus importante. Jean Beleth, si fidèle qu'il veuille être à l'usage romain, est obligé de concédera l'usage non romain l'introduction des hymnes dans l'ollice canonique. 11
1. S. Bernard. Epistul. CLXXIV, 9. Sur les origines de la fête H. Thurston, « The irish origins of our Lady's Conception feast », dans le Month, mai 1904. E. Vagandard, « Les origines de la fête et du dogme de l'immaculée Conception », dans la lievu% du clergé français, avril 1910. Les plus anciens textes dans II. Thurston et T. Slater, Eadmeri moiiachi caiifuariensis Tractalus de conceptione S. M. (Froiburg 1904).
le fait de mauvaise grâce. « A vêpres, dit-il, les cinq psaumes une fois chantés, on dit une leçon brève sans lube et sans Ta autem\ c'est le capitule. A la suite du capitule se place un répons », — à Rome, du temps d'Amalaire et plus tard, le capitule de vêpres n'avait pas de répons, — « et au lieu du répons, on dit aussi un verset et un hymne. Après quoi, l'antienne et le Magnificat. Mais la plupart du temps le Magnificat^ qui est l'hymne de la bienheureuse vierge Marie, tient lieu d'hymne, et l'on n'en chante pas d'autre : Magnificat loco hymni ponitur, ut praeterea nullus alius canatur ^ ». Ainsi, Jean Beleth, vers 1105, témoigne que les hymnes ont forcé l'entrée de l'oilice des séculiers, encore que cette nouveauté n'ait pas l'autorité d'une règle partout observée. Jean Beletli est réactionnaire. Mais Abélard, qui appartient au parti opposé, donne clairement à entendre dans sa lettre à saint Bernard, vers 1140, que les hymnes ont dans l'office une place autrement large que celle que Jean Beleth leur voudrait laisser ^. Et, par l'Eglise, Abélard entend ici l'usage général des sé-
1. lOAN. Beleth. Hationale, 52 : « ... hoc est capitulum, ac deinde responsoriuin, vel cius loco versus cum hymiiis et antiphona, ac deinceps Magnificat. Plerunique tameii liymnus B. Mariae, videlicet Magnificat, loco hymni ponitur, ut praetei-ea nullus alius canatur. »
2. Epistul. X : « ... hyninos solilos respuistis, et quosdai apud nos inauditos, et fere omnibus ccclesiis incognitos, al minus sufficientes, introduxistis. Unde et per totum annum ii vigiliis tara feriarum quam feslivitatum uno hyrfino et eodena^ contenti estis, cum Ecclesia pro diversitate feriarum vel feslivitatum diversis utatur hvmnis... » P. L. GLXXVIII, 339.
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culiers comme des réguliers qu'il oppose aux singularités de Clairvaux.
Comment s'était formé l'hymnaire de l'Église, et sous quelles influences était-il entré dans l'office moderne?
On a expliqué au premier chapitre de cette histoire comment les essais primitifs de poésie lyrique chez les Grecs chrétiens avaient été proscrits de l'usage liturgique dès le début du iv^ siècle, et comment les hymnes d'un Synésius ou d'un Grégoire de Nazianze n'y furent jamais introduits. Chez les Latins, la poésie lyrique chrétienne devait avoir une tout autre fortune .
En 386, voyant Milan infestée d'Ariens que la présence et l'appui de la cour de Valentinien rendaient plus insolents et plus redoutables, Ambroise mit la doctrine du consubstantiel en un chant pour le peuple : « Qidd enim potentius, pouvait répondre saint Ambroise aux ennemis qui l'accusaient d'avoir séduit le peuple par ses vers, quid poteiitius quam confessio Trinitalis quae cotidie totius populi ore celebi^atur ^ ! » Il n'est nullement question de chant liturgique, ni que ce carinen antiarien (car il ne s'agit encore que d'un seul carmen, le Veni redemptor gentium) ait figuré au programme des vigiles milanaises, en concurrence avec la psalmodie davidique.
Ce noël n'était pas le seul cantique populaire composé par saint Ambroise. Saint Augustin connaît de