‹ Histoire du Bréviaire romainChapitre 99 sur 218 · Udalric. Consiietudines Cluniaceiises, i · texte numérisé non relu

Udalric. Consiietudines Cluniaceiises, i

2. N'oublions pas que le calendrier sanctoral romain laissait une grande latitude aux églises particulières : cela qui était vrai au viii« siècle, l'était encore au xr. Jean d'Avranches, parlant des fêtes sanctorales « quae more dominicali celebrantur », c'est-à-dire des fêtes de neuf leçons, en donne une liste assez courte, qu'il clôt par ces mots : «... Et aliae quae placuerint » (p. 84 [p. 61 de Migne]). Il éo'it sur ce même article : « Oportet nos festivitates sanctorum discernere qualiter eelebrantur, ne sint nobis fastidiosae, si superflue agimus; aut si nimis reticemus, eorum iuvamine careamus » (p. 79 [p. 59]). — A Rome, à pareille époque, on faisait effort pour empêcher l'office dominical d'être supplanté par un office sanctoral : « luxta romanam consuetudincm, in omni dominica ccclesiaslico conventui cum ofTicio dominicali satisfacimus, nisi aliqua multum celebris festivitas in ipsa die occurrat, ut festuni loannis Baptistae vel sancti Pétri aposloli. » Bernold. Micrologus, 62.

l'office moderne. 201

on se plut aussi, contrairement aux usages romains \ à donner des octaves aux fêtes sanctorales qui passèrent au premier rang, des octaves où tous les odices étaient huit jours durant dévolus au saint. Tel fut, dès le xi^ siècle, le cas de l'Assomption, de la Toussaint, de la saint Pierre, de la saint André, de la saint Michel, de la saint Martin, de la nativité de saint Jean-Baptiste, des patrons de chaque église-.

Puis on créa des fêtes d'un intérêt général. Ainsi la fête de la Trinité, établie pour la première fois à Liège, sous l'évêque Etienne (903-920), propagée par Cluny, adoptée au xii'' siècle par la plupart des églises, mais repoussée longtemps par le Saint-Siège. On prête au pape Alexandre II (1061-1073) ce propos significatif : interrogé sur le point de savoir si l'on devait fêter la sainte Trinité, il aurait répondu qu'il n'en voyait pas plus la raison que de fêter l'Unité^.

1. Bernold. Micrologus, 44 : « luxta romanam auctoritatem nullorum sanctorum octavas observare debemiis, nisi unde certain aliquam traditionem a sanctis Patribus habemus. Eorum quoque octavas celebramus, nullam cotidianam mentionem per interiacentes dies agi mus, quia nullam auctoritatem indo habemus, exceptis de S. Maria et de y. Petro, quorum et alio tempore non ccssanius frequentare. »

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