‹ Histoire du Bréviaire romainChapitre 103 sur 218 · U. Chevalier, Poésie Litm^gique (Tournai 1894), p. xiii · texte numérisé non relu

U. Chevalier, Poésie Litm^gique (Tournai 1894), p. xiii

en guise de titre. Nous y retrouvons le Deas creator omnium et le lam surgit hora teriia de saint Ambroise. A la suite les ambrosiens anonymes que voici :

Fulgentis auctor aetheris.

lam sexta sensim vol'vitur.

Ter hora trina volvitur.

Deiis qui certis legibus.

Splendor paternae gloriae.

Aeterne lacis conditor.

0 rex aeterne domine.

Hic est dies ver us Dei.

Magna et mirabilia.

Dès 567, c'est-à-dire quinze ans après la mort d'Aurélien d'Arles, un concile tenu à Tours parle des « hymnes ambrosiens reçus dans le canon », — c'està-dire, on peut conjecturer, mis à la suite des psaumes, — et qui se chantent à Tours. Il ajoute qu'il n'y a pas lieu de s'en tenir aux seuls hymnes ambrosiens; car, du moment qu'il en existe d'auteurs autres que saint Ambroise, et que ces hymnes sont assez beaux pour mériter d'être chantés, il convient de les recevoir, à la seule condition que les noms de leurs auteurs soient inscrits en tête de chacun d'eux ^

L'exemple donné par Tours n'était pas sans rencontrer en mainte Église une résistance déclarée. C'était

1. Mansi, t. IX, p. 803 : « Licet liymnos ambrosianos habeamus in canone, tamen, quoniam reliquorum sunt aliqui qui digni sunt forma cantari, volumus libenter amplecti eos praeterea, quorum auctorum nomina fuerint in limine praenotata... »

l'office moderne. 209

à cette innovation que fait allusion le concile de Braga, en 563, quand il interdit de rien chanter de poétique dans l'assemblée des fidèles ^ Cette résistance, faite ainsi au nom de la tradition liturgique, tenait encore ferme au siècle suivant. On en peut juger par l'énergie avec laquelle le concile de Tolède de G3o la condamne. Nous possédons, y est-il dit, quelques hymnes composés à la louange de Dieu, des apôtres et des martyrs : tels sont les hymnes des bienheureux docteurs Hilaire et Ambroise. Et ces hymnes sont réprouvés par quelques personnes, sous prétexte que l'on doit recevoir dans la liturgie le texte seul de l'Écriture sainte. Que diront-elles du Gloria Patri? Et du Gloria in excelsis? Et des leçons de l'office? Et des collectes? Donc, il ne faut pas plus condamner les hymnes que les oraisons, et, en cela, la Gaule et l'Espagne doivent avoir le même usage : « plectendi qui hymnos reicere fuerint ausi ^ » . C'est dire qu'au vii*^ siècle, les hymnes avaient cause gagnée en Gaule et en Espagne. Autant en doit-on dire de l'Irlande, témoin l'antiphonaire de Bangor (vu*' siècle)^.

Mais l'Église romaine s'en était tenue à la discipline dont témoigne le concile de Braga : « Nihil poetice

1. Mansi, t. IX, p. 778 : « Placuit ut extra psalmos vel canonicariira scripturarum novi et veteris testamenti, iiiliil poelice composihim in ecclesia psallatur, sicut et sancti praecipiiint canones. »

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