NOEL
Epiphanie.
Carême.
Conditor aime siderum (Vesp.).
Verbum supernum prodiens (Noct. .
Vox clara ecce intonat (Laud.).
Veni redemptor gentium (Vesp.). Christe redemptor omnium (Noct.).
[A solis ortus cardinej (Laud.).
lesus refulsit omnium (Vesp.).
[Hostis Herodes impie] (Noct.).
Illuminans altissimus (Laud.).
Audi bénigne conditor (Vesp.).
Ex more docti mystico (Noct.).
Iam Christe sol iustitiae (Laud.).
Pâques.
Ad caenam agni providi (Vesp.).
— Hic est dies i^erus Dei (Noct.).
— Aurora lucis rutilât (Laud.).
Ascension. [Festum nunc célèbre...] (Vesp.).
— Optatus votis omnium (Noct.).
— Iam Christus ascenditpolum (Laud. .
On n'insistera pas sur Thymnaire du propre des saints, qui dans tout hymnaire est la partie la moins fixée, encore que l'on doive observer que l'hymnaire était formé pour la plus grande part d'hymnes dans la
l'office moderne. 213
formule de saint Ambroise: Stephano primo maiiy ri,
— Amore Christi nobilisy — Agnes beatae çirginis,
— Apostolorum passio, — Apostolorum supparens,
— Martine conf essor Dei, — Post Petruni primum priiicipem, — Ad Christi laiidem virginis, etc.
Les divers ambrosiens que l'on vient de citer forment comme le noyau de Tliymnaire. On y a reconnu les hymnes authentiques de saint Ambroise. A la suite, un groupe d'hymnes écrits selon la formule prosodique de saint Ambroise, exactement fidèles aux règles de la quantité, du mètre et de l'hiatus. Et enfin on y voit apparaître, et en nombre, des hymnes rythmiques, c'est-à-dire des hymnes qui n'ont de commun avec le dimètre iambique que le nombre total des syllabes, et où la quantité ni l'hiatus ne sont plus observés, « ut sunt carmina çulgarium poetarum », comme dit Bède ^ Toutefois, en se montrant fidèles au type ambrosien, celui-là même que saint Benoît avait entendu recevoir dans Vordo psallendi de ses moines, les lettrés du viii^ et du ix® siècle crurent pouvoir faire une place dans leur hymnaire à des compositions, quelques-unes plus récentes, d'un caractère littéraire plus sensible.
Prudence avait composé un recueil d'hymnes, sorte de psautier laïque-, le Cathémérinon, où il avait dé-
1. Bed. De art. metric. 24. Cf. Walafrid Strab. De eccl. ver. exord. 25. {P. L. GXIV, 955) : « Sciendum tamen raultos putari ab Ambrosio factos, qui nequaquam ab illo sunt edili. Incredibile enim videtur illum taies aliquos fecisse, quales multi inveniuntur, id est qui nullam sensus consequentiam liabenles,' insolitam Ambrosio in ipsis dictionibus ruslicitalGni demonstrant. »
ployé les ressources d'une métrique savante et d'une rhétorique de métier. L'Eglise avait peu goûté ces virtuosités. La strophe saphique elle-même n'avait pas trouvé grâce à ses yeux sévères. On n'avait pris à Prudence que des strophes écrites en dimètres iambiques, c'est-à-dire selon la formule ambrosienne : le Aies diei nuntius, pour les laudes du mardi; le Noa: et tenebrae et nuhila^ pour les laudes du mercredi; et enfin, d'un hymne languissant et froid sur l'Epiphanie, les quelques strophes qui forment le Salvete flores martyr um, court chef-d'œuvre.
A Sédulius le pèle versificateur du Carmen paschale, on avait emprunté quelques strophes de son hymne alphabétique sur la vie et les miracles du Christ, pour former l'hymne des laudes de Noël, A solis ortus cardine, d'une part, et l'hymne des matines de l'Epiphanie, Hostis Herodes impie^ d'autre part, deux hymnes selon la formule ambrosienne.
A Fortunat appartiennent les deux hymnes du dimanche de la Passion. Il avait composé l'une en l'honneur d'ime relique de la vraie croix donnée par l'empereur Justin à sainte Radegonde; et il l'avait écrite en iambiques ambrosiens : Vexilla régis prodeunt. L'autre, qui se rapportait à la même inspiration, était écrite dans le mètre des chants que chantaient, dit-on, les soldats romains dans les triomphes, le tétramètre trochaïque catalectique :
Paiige, liiigua, gloriosi praelium certaminis, et super cruels tropaeo die triumphum nobilem, qualiter redemptor orbis immolatus vicèrit ^