‹ Histoire du Bréviaire romainChapitre 113 sur 218 · De Rossi, Roma sottcrranea, t. III, p. 495 et suiv · texte numérisé non relu

De Rossi, Roma sottcrranea, t. III, p. 495 et suiv

226 HISTOIRE DU liUÉVIAlRE ROMAIN.

obsèques proprement dites, ni ces messes, n'avaient rien de commun avec ce qui sera l'olfice des morts. Il était cependant bien naturel qu'entre le moment où le fidèle avait rendu le dernier soupir et le moment où il était enterré, il y eût une prière dite; et bien naturel aussi que cette prière fut une psalmodie.

Ce sentiment attendit longtemps avant de trouver son expression liturgique canonique. Le pénitentiel de Théodore de Cantorbery if 690) et celui d'Egbert d'York (f 766) témoignent ensemble qu'à cette époque il n'y avait point à Rome de vigile des morts. « Selon l'Eglise romaine , y lisons-nous , la coutume est de porter le mort à l'église, de lui oindre de chrême la poitrine, et de célébrer la messe pour lui, puis de le porter en terre avec des chants, et, quand il est descendu dans sa tombe, de prononcer une oraison. Le jour même, puis le troisième, le neuvième, le trentième après, on dit une messe, et au bout de l'an, si l'on veut ^ ». C'est tout, et il n'est pas question de quelque vigile que ce soit. Ceci au vu'' siècle.

Pour trouver l'oliîce des morts constitué, il faut des-

1. Theodor. Paenitential. 5. Egbert. PaeniteiitiaL i, 3(i. Voici le texte de Théodore (il est remployé par Egbert) : « Sc- 'cimdiim romanam Ecclesiam mos est monachos vel religiosds defunctos in ecclesiam porlare, et cum chrismale migeic pectora, ibique pro eis missas celebrare, deinde cum cantatioiu' porlare ad sepulluras; et cum positi fuerint in sepulcris, funditur pro eis oratio ; denique humo vel petra operiuntur. Prima et tertia et nona nec non trigesima die pro eis missa agatur. Exinde post annuni, si voluerint, servelur... » [P. L. XCIX.. i)29j.

l'office moderne. 227

cendre jusqu'au viii° siècle^ et au temps d'Amalaire. Alors seulement, à côté de Vordo sepulturae, nous trouvons un véritable office canonique des morts, officiumpro mortuîs'^. L'antiphonaire de Saint-Pierre et les Ordines romanP en donnent les rubriques et le texte.

Le corps du défunt est porté, le soir, à la basilique de Saint-Pierre. On traverse, au son des cloches, l'atrium de la basilique, et l'on s'arrête au seuil de celle des cinq portes qui s'appelle la porte du Jugement

1. M. BisHOP, p. XVII, signale un office des morts au viir siècle dans les usages du Mont-Gassin. Il s'agit de la Disciplina casinensis de Pierre Diacre publiée par Hergott, Velus disciplina monastica (Paris 1726), p. 3 : « Gum frater ad exiluni propinquaverit, omnis congregatio ante eum psalmos decantet; illoque sejiulto, post vesperum septem psalmos cum litaniis, omni corpore in tcrram prostrati, décantent. »

2. Amalaire, se référant à un texte semblable à celui (pii vient d'être elle du pénitent iel de Théodore, écrit : « Habemus scriptum in quodam sacramentario quod officia morluorum agenda sunt circa tertiam diem et septimam et tricesimam. » Et il ajoute : « Quod non ita intelligo, quasi ille qui tertia die agere vult officia mortuorum, debeat prae termitière priores duos dies sine supplicationibus », etc. Ainsi au temps d'Amalaire l'usage prescrit par Théodore s'était transformé, et l'office était prescrit comme jadis la simple messe. De eccl. off. IV, 42. Il écrit ailleurs : « Post officia sanclorum inserui ofTicium pro mortuis. » De ord. antiph. 65, Et plus loin : « Invcni in romano et in metensi antiphonariis ordinem scriptum, quomodo fungi officio conveniat circa fines hominum et circa sepulturam eorum. Ex utrisque collcgi ea quae recta mihi vidcbantur et rationabili cursui congruere, atque ea redactain unum corpus posui sub uno textu in fine antiphonarli nostri. » [d. 79. Rapprochez {M. G.) Epistolae karolini aevi, t. III, p. 307, Tart. XI de la lettre de Grimaltus et Tatto, moines de Reichonau {a. 817).

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