TOMASI, t. IV, p
2. N'oublions pas que les vigiles sancloralcs qui se superposaient à l'office quotidien n'avaient pas non plus d'invilaloiie.
3. De ord. antiph. 73 : « In septembri mense, iuxta doctrinam romanae Ecclesiae, canimus... responsorios... de lob... in quibus dolor et planctus continelur. »
l'office moderne. 229
Charlemagne^ Après les nocturnes, laudes : cinq psaumes antiphonés, un verset, le Benedictus antiphoné, le Kyrie eleison et l'oraison dominicale. — ■ La vigile du mort est terminée. Au matin, la messe sera dite devant le corps, et la messe suivie de la diaconia ou absoute, et de l'enterrement.
Ce pathétique office de la vigile des morts, créé à Rome au viii^ siècle, a été reçu en même temps que l'ensemble de l'office romain par les Eglises franques avant la fin de ce même siècle. Amalaire l'a trouvé tel dans les antiphonaires de Metz, tel dans celui de Corbie. Aucune modification essentielle n'y fut introduite : il resta au delà des monts ce que la liturgie romaine l'avait fait, et notamment sans hymnes.
Mais au lieu d'être, comme à Rome, un complément des obsèques, le prélude de la messe d'enterrement, il fut considéré comme le complément nécessaire de toute messe soit de déposition, soit d'anniversaire. La vigile des morts en vint même à être célébrée quotidiennement, tant dans les monastères que dans les chapitres et églises paroissiales^. A Cluny, les vêpres
1. L'antiphonaire de saint Pierre ne le connaît pas encore. Voyez TOMASi, 1. IV, p. 164.
2. M. Lejay, p. 119, croit que l'attestation la plus ancienne de l'office quotidien des défunts est fournie par le rituel d'Angilbert, pour Saint-Riquier, aux alentours de l'an 800. Ce rituel, publié pour la première fois par M. Bishop {Downside Review, 1895), d'après un rns. du xi' siècle, parle de célébrer (( ob memoriam cunctorum fidelium, per singulos dies ac noctes, vespertinos, nocturnos atque matutinos ». Rapprochez Amalar. De eccl. off. iv, 42 : « Sunt etiam loca in quibus generaliter pro omnibus defunctis omni tempore, excepto Pentecostes et festis diebus, in officio vespertinali et matutinali
des morts suivent les vêpres du jour et les laudes les laudes. Quant aux nocturnes, on les récite chaque soir après le repas, au chœur : « Post caenam cum psalmo nO in ecclesiam reditur...; agitur officium {>el quod a nostratibus ngilia çulgo appellatuj\ . . ; ipsuiir quoque officUim nunquam agitur modo nisi cum no^ein lectionibus et responsoriis et collectis quae ipsum officium sequuntur^ ». C'est, on le voit, rofFice nocturne intégral avec ses neuf psaumes, ses neuf leçons et ses neuf répons. — Saint Pierre Damien fournit la preuve que cet office quotidien des morts était, au xi*" siècle, pratiqué en Italie comme en France ^, et que même certains clercs , trouvant lourd le devoir de réciter et l'office canonique du jour et l'office des morts, s'en tenaient à ce seul dernier plus court et plus facile^. Il rapporte ce fait d'un « certain frère » qui avait accoutumé de n'user ni de l'office du temps, ni de l'office des saints, mais seulement de l'office des défunts : ce frère mourut, et, aussitôt qu'il parut devant le tribunal de Dieu, les démons lui reprochèrent avec force que « négligeant la règle de l'institution ecclé-
oralur. Sunt et alia in qiiibiis missa pro iisdem cottidie ceh bratur. Sunt etiam et alia in quibus in initio mensis noveiu psalmi, novem lecliones totidemqiie responsorii pro eis cantantur. »