Au moment ou saint Thomas rédige la III ' de la Somme
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(canonisé en 1228), sainte Claire (can. 1255), saint Antoine de Padoue (can. 1232), sainte Elisabeth de Thuringe (can. 1235); à leur suite saint Dominique (can. 1234), saint Pierre Martyr (can. 1253), saint Louis, roi de France (can. 1297). — Le xiv® siècle a donné la fête des Stigmates de saint François (1304), saint Thomas d'Aquin (can. 1323), saint Louis, évêque de Toulouse (can. 1317), la fête de sainte Marie-aux-Neiges ^ — A la fin du xv° siècle, dans lés Bréviaires incunables, nous constatons l'accession de fêtes, à vrai dire, plus nombreuses, la Transfiguration de N. S. (1457) 2, la Présentation de la
Théologique, entre 1268 et 1274, la fête de l'Immaculée Conception n'est pas reçue à Rome. Thom. Summ. Theol. IIP, q. XXVII, a. 2, ad 3 : « Licet romana Ecclesia conceptionem B. Virginis non celebret, tolérât tamen consuetudinem aliquarum ecclesiarum illud festum celebrantium. Unde talis celebrilas non est totalitor reprobanda. » La fête de l'Immaculée Conception sera confirmée par Sixte IV, en 1496. On lui donnera pour office l'office de la Nativité, mais on en connaît un autre, propre, composé sous Sixte IV, par Léonard de Nogarol, protonotaire. Voyez le texte de cet offîce propre dans le Bré- ' riaire ms. Biblioth. Nat. 1314, fol. 620, et une lettre de éonard de Nogarol à Sixte IV dans le Vatican, lat. 7692, fol. 2.
1. Voyez Biblioth. Nation. 1050 {a. 1478), fol. 374 : « Inci- [iunt festa noviter promulgata fidelibus, et primo ad honorem ^ancte atque individue Trinitatis. » A la suite : « Offîcium cor- >oris D. N. I. G. secundum consuetudinem sancte romane Pcclesie. » Puis la Visitation, puis sainte Marie-aux-Neiges,
ifm la Conception de la Vierge. Cf. Radulph. 22 : « Sed i'ratres ... in eorum usu adducunt locales Romanos ». Suit une Iste, qui vaut pour la fin du xiv siècle, et un peu trop poussée,
crois.
2. Martene, De ant. Eccl. discipl. p. 375 : « ... cuius institutionem Gallixto Papae III refert Platina : additque ab eolem conscriptum esse offîcium ecclesiasticum de ea die, et
Vierge (1460) \ la Visitation (1475) 2, sainte Brigitte (can. 1419), saint Nicolas de Tolentino (can. 1447), saint Bernardin (can. 1450), saint Vincent Ferrier (can. 1455), saint Joseph, sainte Anne, sainte Julienne, saint Patrice, saint Anselme, saint Jean Chrysostome, quelques autres peut-être ; mais en définitive le nombre des fêtes accueillies par les papes dans leur Bréviaire est un nombre restreint,
cum indulgentiis promulgatum iisdem, quae concessae siinl in solemnitate Gorporis Ghristi. Gallixti Bullatn protulit Odoricus Rainaldus ad annum 1457, n. 73. Verum longe antiquiorem esse hanc festivilalem constat... » Voyez la bulle de Calliste III dans Baronius-haynaldi, Annales, t. X, p. 128-132.
1. Marte NE, De antiq. Eccl. discipl. p. 594 : « Pium II, ad instantiam Willelmi ducis Saxoniae 21 mensis noverabris idem festum cum vigilia celebrandum instituisse anno 1460 [refert Scultingus]. » Il y a une bulle la concernant de Paul II, 16 septembre 1464.
2. Martene, De ant. Eccl. discipl. p. 571 : « Girca huius diei officium haec ex veteri Breviario Romano scribit Scultingus : Huius gloriosae Visitationis ofTicii compositionem Urbanus VI domino Adae Gardinali Angliae doctori in theologia commisit, ut ex scripturis evangelicis, sanctorum Patrum conimentai'iis et doctorum approbatorum assertionibus historiam huius festi Visitationis scriberet et dictaret, et eidcm ollicio notam congruam applicaret. Volens quoque Gardinalis pracfatus vesligia Patrum sequi, et mandatis apostolicis obcdiic. iuxta dictamen domini Bonaventurae Gardinalis de offîcio S. Francisci praedictum ofTicium compilavit, et notam consimilem sibi sumpsit. » Le cardinal d'Angleterre est le cardinal Adam Easton. Baeumer, t. II, p. 109. Mercati, p. 19, cite 1<' texte d'une des Riihricae novae, qui date l'inslitulion de la féh^ de la Visitation (avec le rang de double) de l'an XI d'Urbain VI (1389) et du 8 avril. La bulle d'Urbain VI fut confirmée par Boniface IX, 9 nov. 1389. Mais la rubrique ajoute que la curie « non consuevit facere olficium Visitationis Mariae », ceci vers 1400. La fête fut imposée seulement sous Sixte IV, 1475.
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restreint surtout si on le compare au nombre des fêtes que les Bréviaires qui ne sont point proprement de la curie ont admises dans leurs calendriers *.
Mais si les fêtes sanctorales, dans l'office de la cour romaine, n'ont point démesurément crû en nombre, du moins elles ont crû en solennité 2. Toutes les fêtes de la Vierge sont doubles majeures, à l'égal de Noël ou de Pâques; autant la Saint-Pierre, la Saint-Jean, la Toussaint. Les fêtes des apôtres, des évangélistes, des docteurs ^, la Saint-Laurent, la Saint-Mir. chel, la commémoraison des morts, la dédicace des
iasiliques de Saint-Pierre, de Saint-Paul et du La- •an, les deux fêtes de la Croix ^, les octaves de la aint-Pierre, de l'Assomption, de la Nativité, sont oubles. Les dimanches ne sont que semi-doubles. 1, Voyez par exemple Biblioth. Nat. 1345 (xv), roffîce do ici sagesse de Notre-Seigneur Jésus-Christ; 1144 (xv), l'office de l'invention de l'Enfant Jésus ; 13244 (xv®), l'office du nom de Jésus et l'office des sœurs de la Vierge Marie.
2. Voyez plus loin, p. 266-7, l'extrait des Rubricae novae sur le degré des fêtes.
3. Quatre docteurs : saint Ambroise, saint Jérôme, saint Au^ gustin, saint Grégoire, Leurs fêtes ont été élevées au rite double par Boniface VIII : « anno domini 1295 statuit festa apostolorum quatuor evangelistarum ac quatuor doctorum, videlicet Gregorii, Augustini, Ambrosii et leronimi, sub honore festi duplicis ab omnibus universaliter celebrari ». L. P. t. II, p. 469.
4. Voyez Biblioth. Nation. 16309, fol. 322 : « Incipit offîcium sancte crucis completum a fratrc Bonavenlura ad preces domini Ludovici. » Biblioth. Mazarin. 366, fol. 293 (le ms. n'est pas folioté) : « Inventio sancte crucis est duplex festum, et habet officium proprium secundum curiam romanam... quod officium publicatum fuit et mandatum celebrari per sanctissimum dominum nostrum Gregorium XI penultima aprilis 1377. » Cf. Mercati, p. 17.
On peut calculer que le nombre des fêtes sanctorales de neuf leçons approche de 150 dès la fin du xiii^ siècle, soit 150 fêtes (plus les octaves) évinçant l'office temporal.
Puis l'office quotidien se surcharge de l'office de la Vierge, récité tous les jours, à l'exception des solennités majeures, des trois derniers jours delà semaine sainte, de la semaine de Pâques et des fêtes de la Vierge ^ L'office férial se surcharge de l'office des morts, de la récitation des psaumes pénitentiels et graduels ^. Il se surcharge des preces à laudes, à vêpres, aux petites heures ^. Il est vrai que, dès le
1. Les Constitutiones Lateranenses de Grégoire XI (1370- 1378) prescrivent aux chanoines de la basilique du Latran, en même temps que la récitation « cum nota » du Bréviaire de la curie, la récitation « sine nota » de l'ofTice de la Vierge : « Officium beatae Mariae Virginis sine nota, aperte tamen et spatiose proferatur. » Const. lateran. 1 (Mabillon, Mus. itol. II 577)
2. Les psaumes pénitentiels sont récités à l'issue de primo, mais seulement en carême : « Hoc officium dici débet posl primam, ...ut vidi notatum in quodam ordinario romano. Sed Innocentius III mandavit suis capellaribus ut solum in quadra gosima diceretur, et hoc sequuntur Fratres Minores. » Ra-
DULPH. 21.
3. Voici ce qu'on lit dans le Bréviaire de sainte Glaire : « Dominus papa Innocentius precepit, cum ad matutinas laudes in ferialibus dicitur Miserere mei deus in inceptione [ = le premier des cinq psaumes de laudes], in suffrages ipsius laudum post capitula in fine diceretur psalmus De profundis, et post capitula Domine deus virtutum, Exurge Christe, Domine exaudi orationem. In omnibus aliis horis dictis capitulis dicitur psalmus Miserere mei deus cum Gloria, postea Domine deus virtutum..., Exurge christe..., Dominus vobiscum..., Excita domine quaesumus vel alla oratio que competit. — Ganticum graduum dicitur ante omnia ofTitia. — Et post laudes
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xiv^ siècle, on s'aperçoit combien ces surcharges sont onéreuses ; Raoul de Tongres reproche aux Mineurs de s'être excessivement relâchés dé l'obligation à l'office de la Vierge; il leur reproche d'avoir multiplié les fçtes sanctorales de neuf leçons \ pour se soustraire à l'obligation de réciter les psaumes pénitentiels et graduels et l'office des morts, — « des morts auxquels ils causent un continuel préjudice^ ». Nous n'en avons pas fini avec les pieuses surérogations. Guillaume Durand note qu'une « louable coutume » s'est introduite, en vertu de laquelle tout prêtre qui récite les heures canoniques dise à voix basse le Pater en commençant et en finissant. Pareillement, en commençant et en finissant les heures de la sainte Vierge, il dit \Ave ^.
diei (licuntur laudes pro defunctis. Post vesperas autem diei vesperas dicimus defunctorum. Ante completorium facimub vi gilias trium lectionum pro defunctis. » Gholat, p. 58.
1. Mergati, p. 13, à propos de la bulle de Clément VI, note que Jean XXII (1316-1334) avait, avant lui, porté un rude coup à l'ofTice temporal, en supprimant les fêtes sanctorales simples ou de trois leçons et en les élevant au rang de fêtes de neuf leçons, ce qui substituait l'office sanctoral à l'office férial. Ms*- Mercati cite le texte pris aux Rubricae novae : « De festivitatibus III lectionum nulla fit mentio, quoniam prorsus abuse sunt et iuxta mandatum sanctissimi D. D. loannis pape XXII [qui] iussit fieri IX lectiones, nisi officium fieret de feria. » Clément VI (1342-1352) alla plus loin, en décrétant que, aux coramémoraisons, se substituerait un office de neuf leçons à réciter le premier jour libre.