Radulph
3. Durand. Rationale, v, 2, 6 : « Laudabili consuetudine inductum est ut sacerdos ante canonicarum horarum initia et in fine dominicam orationem (le texte dit dominicae orationis, qui est une mauvaise lecture, je crois), et ante horas B. M. V.
Chaque jour, à Tissue de complies, on récite une antienne à la sainte Vi-erge. Cette antienne est variable selon le temps : Jean de Parme, dans la lettre déjà citée, énumère les quatre antiennes adoptées par les Mineurs, le Regina caeli, VAlma redemptoris, \Ave Regina, le Salve Regina \ elles seront adoptées par les papes en 1350.
et in fine Ave Maria voce submissa praemittat. » — Voyez le résumé de l'histoire de Y Ave Maria àdiws Dom Berlière, arf. « (Salutation) Angélique » du Dictionnaire de théologie de Vacant. On sait que la clausule Sancta Maria etc. est plus récente (xv^ siècle) que le texte même de la salutation angélique Ave Maria (xir siècle). L'usage de dire au commencement de chaque heure le Pater et VAve apparaîtra seulement au début du xvi^ siècle. Grancolas, p. 74 : « Additamentum Sancta Maria in nulla precum Formula ante annum 1508 reperitur : tune vero usurpari coeptum, Sancta Maria Mater Dei ora pro nobis peccatoribus. Amen. Franciscani addiderunt postea, et in hora rnortis nostrae, atque ita in Breviario anni 1515 legitur, eaque de caussa Cardinalis S. Grucis, qui Franciscanus fuerat, Breviario suo inseruit, Piusque Papa V Are et Sancta cum Franciscanorum additamento Bomano Breviario inseri voluit. »
1. W^ADDiNG. Annales Minorum, t. III, p. 208, — Le Regina caeli est une antienne des vêpres pascales donnée déjà au XIV siècle par l'antiphonaire de Saint-Pierre. Tomasi, t. IV, p. 100. Le Salve Regina, popularisé au xii'' siècle par saint Bernard, est l'œuvre d'un moine de Beichenau, Hermann Gontract (-|- 1054). W. Brambagh, Die verloren geglaubte Jlistoria de sancta Afra und das Salve Regina des Hermannus Contractas (Karlsruhe 1892), p. 13-14. On ignore l'origine de VAve Regina, comme aussi des six vers hexamètres qui composent VAlma redemptoris (Hermann Gontract?). — Mergati. p. 23, extrait des Rubricae novae cette indication que VAlma est chantée de l'Avent à la Purification, le Salve de la Purification au mercredi saint, le Regina de Pâques au samedi de la Trinité, VAve Regina de la Trinité à l'Avent : « Quas quidem antiphonas Clemens VI pont. max. ordinavit et in urbe
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Récapitulons : — l'^ Calendrier, 2° psautier, 3" propre du temps, 4° propre et commun des saints, 5° offices de la Vierge et des morts, — telles sont les parties constitutives du Bréviaire de la curie et des Mineurs K II s'y ajoute, classées en deux groupes, les rubriques. Leur place n'a rien de fixe.
Il y a d'abord les Rubrice générales Bî^enarii veteres appellate^ ou Rubrica maior Breviarii romani. Elles ont pour premiers mots : Adventus Domini celebratur ubicunque, etc. Ce groupe de rubriques est le plus ancien; peut-être remonte-t-il à Aimon et à l'édition donnée par lui du Bréviaire, en 1241, selon une conjecture de M^"" Mercati.
Il y a ensuite les Rubrice noce secundum formam et consuetudinem romane curie édite per diçersos summos pontifices, ou encore Rubrice no^e et declarationes quedam super officia divino secundum romanam curiam, ou simplement Rubrice noce. Elles ont pour premiers mots : Sciendum est quod nulla historia vocatur, etc.
Les Rubrice nos^e, écrit M^'" Mercati, sont distri-
statuit ponlificatiis sui anno VIII » [1350]. Cette distribution se maintint jusqu'à la réforme de Pie V. Mercati cite quelques mots de la Chronica XXIV generalium 0. M. qui mentionne la réception des quatre antiennes par Jean de Parme, au chapitre général de Metz (1249), comme une exception faite « ordinario sanctae matris Ecclesiae ». C'était donc une nouveauté en 1249. Voyez plus haut, p. 244.
1. Des Bréviaires contiennent parfois^ joints à l'office des morts, un Ordo ad commiinicandiim infirmiim, un Ordo ad iingendiim infirmiim, un Ordo commendationis animae, un Ordo ad benedicendam mensam, une Benedictio salis et aqiiae. Biblioth. Nation. 756 (a. 1406).
buées mois par mois, de décembre à décembre, avec un appendice sur la fête de la Trinité, sur les antiennes à la Vierge, sur les fêtes sanctorales et leur degré de solennité, sur les fêtes de précepte : ces rubriques ont pour but de résoudre les doutes, en invoquant les décrets des papes ou les précédents de fait, et elles sont pour la plupart « une application de la décrétale perdue de Clément VI, qui, en supprimant les simples commémoraisons des saints et en donnant un jour et un office à toutes les fêtes sanctorales, conduisait en pratique à l'abolition de l'ofiice ordinaire de tempore ^ » .
Nous avons décrit le Bréviaire, et de cette description il ressort que l'ofTice tel que la curie et les Mineurs l'ont accommodé aux besoins des clercs de leur temps s'est bien étriqué. Il n'est plus fait pour être chanté au chœur, mais récité sur les grands chemins. A part cela, l'antiphonaire, le responsoral, Vordo psallendi et Vordo legendi d'autrefois sont conser-
1. Dans le Bulletin de la soc. nat. des Antiquaires de France, 1893, p. 147-152, M. Desloge et moi avons pour la premièie fois appelé l'attention sur les rubriques qui portent un nom de pape, d'après le ms. de Lyon 468 (fin du xv"), qui est un Bréviaire romain à l'usage d'Avignon. — Mr"" Mercati a signalé la parenté des Rubricae novae et de VOrdo romanus XV de Mabillon, lequel est l'œuvre de Pierre Amelio (y 1401), continuée par Pierre Assalbiti (f 1440), tous deux augustins et sacristes du pape. UOrdo romanus XV dépend des Rubricnr novae, mais, pour M"' Mercati, l'auteur des Rubricae nord'' serait Pierre Amelio lui-même.
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vés et riiymnaire s'y ajoute : mais le lectionnaire s'est corrompu. Et si nous devons une juste reconnaissance à qui nous a donné les antiennes de la Vierge, que dire au contraire des offices surérogatoires? 11 serait difficile de ne pas voir dans ces additions de prières adventices si nombreuses, si onéreuses, un tort grave fait à l'office canonique en soi. Mais il y a un tort plus grave : les fêles sanctorales se sont multipliées jusqu'à faire du temporal, qui est la base de l'office romain, une chose condamnée à la désuétude, en encombrant d'ailleurs l'année de translations \
Les conciles du xv*' siècle déplorent à l'envi la tiédeur avec laquelle le clergé s'acquitte de l'office canonique, même au chœur. Ils ne se rendent pas, semble-t-il, suffisamment compte que cette tiédeur et ces négligences scandaleuses tiennent en partie à la décadence de l'office lui-même, notamment à ces surérogations auxquelles la piété d'un saint ne suffirait pas ^. L'office divin, écrit Martin de Senging au concile de Baie (1435), est « récité avec confusion, en hâte, sans piété, avec une intention perverse )>, qui est la préoccupation « d'en voir la fin » ; les clercs en viennent à préférer à l'office canonique « les superfluités et les surérogations » qui l'accompagnent ^.
1. Radulph. 22 : « Ex qua observantia (la translation des fêtes de neuf leçons) evenit in usu eoriim (les Mineurs) continua perturbatio, et magna confusio. »
2. Radulph. 10 : « Suscipite igitur suave iugum Domini, quod a sancta Sede romana vobis imponitur, licet importabile videatur ».