‹ Histoire du Bréviaire romainChapitre 12 sur 218 · Amrros. Epistul. XX-IX · texte numérisé non relu

Amrros. Epistul. XX-IX

Le programme des vigiles comportait la lecture des saintes Écritures \ puis des prières adressées à Dieu, des chants. La lecture des saintes Ecritures était un exercice pris aux synagogues juives. Autant doit-on en dire des prières adressées à Dieu, dont les synagogues avaient de si beaux modèles, par exemple le Kaddisch, qui se récitait au service du matin, et qui remonte peut-être au premier siècle : le président de l'assemblée prononce la prière ou invocation ou bénédiction, et à chaque demande l'assemblée répond Amen ou une doxologie^. La litanie chrétienne ne sera pas autre chose.

Ce simple Amen, primitif vestige de la liturgie chrétienne, atteste que cette liturgie est dialoguée ; et pareillement les acclamations comme In saecula ^,

Le chant fut compris lui aussi comme un dia-

1. Sur la lecture des saintes Écritures, voyez Euseb. De martyr. Palaestinae, 13, 8,

2. W. BoussET, Die Religion des Judentums (Berlin 1903), p. 156. Le texte du Kaddisch chez F. E. Warren, The litiirgy and ritiial of the antenicene Church (London 1897), p. 214-215.

3. Sur l'emploi de l'acclamation Amen, voyez Dom Cabrol, Dictionnaire d'archéologie chrétienne, art. « Amen ». — Une autre acclamation liturgique est l'expression : In saecula ou In saecula saeculorum. Elle est fréquente dans les épîtres du N. T. et inséparable de Amen. Gai. i, 5; Rom. xi, 36; xvi 27; Phili. iv, 20; Eph. m, 21; I Tim. i, 17 (cf. vi, 16) II Tim. IV, 18; Ileh. xiir, 21; I Pet. iv, 11; v, 11; Apoc. i, 6 v, 13; VII, 12. Dans lud. 25, on trouve la formule la plus complète. Tertullien, De spectaculis, 25, nous apprend que l'acclamation eiç aîûvaç lu altôvoiv était celle dont le public usait dans les spectacles, par exemple, les combats de gladiateurs, pour faire une ovation, et Tertullien veut que les chrétiens réservent cette acclamation au Christ-Dieu seul.

b HISTOIRE DU BREVIAIRE ROMAIN.

logue. Le nombre des gens qui savaient lire étant petit, les livres étant rares, le texte des psaumes étant souvent obscur, la psalmodie n'était point exécutée à l'unisson, mais en solo, par un clerc. Il disait le psaume sur une mélopée tantôt simple comme une déclamation, et tantôt plus ornée. L'usage se partagea entre ces deux genres d'exécution. Au iv^ siècle, à Alexandrie, saint Athanase voulait que le lecteur du psaume donnât à sa voix des flexions si courtes qu'il parût dire plutôt que chanter : « Tarn modico flexu vocis faciebat sonar e lectorem psalmi, ut pronuncianti çicinior esset quam canenti » \

Cependant, l'assemblée écoutait en silence le lecteur du psaume dire ou chanter le psaume. Mais le psaume se terminait toujours par une sorte de refrain ou d'acclamation, que l'assemblée chantait à l'unisson, comme dans les litanies. La doxologie Gloria Patri et Filio et Spiritui sancto est une acclamation de ce genre.

Au cours du psaume, on prit l'habitude d'intercaler de semblables refrains, destinés à être repris à l'unisson par l'assemblée, après chaque verset ou couple de versets^. Ces refrains portaient le nom d'^èxpo-

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