‹ Histoire du Bréviaire romainChapitre 123 sur 218 · Cité par J. Burgkhardt, t. I, p · texte numérisé non relu

Cité par J. Burgkhardt, t. I, p

2. F. Arevalo, />e hymnodia hispanica (Rome 1785), p. 385 et suiv. : « Historia uberior de fatis Breviarii Quignoniani ». (Reproduite par Roskovany, t. XI, p. 3-47).

pense, il avait reçu (1529) le chapeau de cardinal et le titre de Sainte-Croix-en-Jérusalem.

Il comprit que Clément VIT lui demandait de « disposer les heures canoniques en les ramenant autant qu'il était possible à leur forme antique, de faire disparaître de l'office divin les détails difficiles et les longueurs : on serait fidèle à l'institution des anciens itères, et les clercs n'auraient plus lieu de se révolter contre le devoir de la prière canonique ». Ainsi s'exprime-t-il dans la préface de son Bréviaire. La pensée de la cour romaine était donc sensiblement modifiée : il ne s'agissait plus de prier selon les règles de la « vraie latinité » , mais selon les règles des « anciens Pères », ni de flatter le cicéronianisme des clercs, mais de leur imposer un office auquel ils ne pourraient rien objecter.

Nouveauté toutefois périlleuse, de parler ainsi de réforme par le retour à l'antiquité, sans préciser de quelle antiquité on parle, ni par quelle méthode on y reviendra. Les partisans de la Réforme protestante s'exprimaient-ils autrement? Cet écho, que nous surprenons à Rome de leurs réclamations, est un indice, entre bien d'autres, qu'à un moment donné cette cour romaine, si attaquée par ces violents et ces idéologues, fut d'abord le milieu catholique le plus attentif à leurs doléances, le plus prêt à les entendre, et à répondre à leurs reproches par toute sa loyauté.

Le cardinal Quignonez se mit à l'œuvre en 1529. Il est prouvé qu'il eut plusieurs collaborateurs : un chanoine de Salamanque, canoniste et helléniste, Diego Neyla; un autre érudit espagnol, Gaspar de Castro;

et peut-être un troisième, celui-ci plus connu, Genesius de Sepulvcda^ A la mort de Clément VII (25 septembre 1534), la constitution du nouveau Bréviaire n'était pas arrêtée : elle ne le fut qu'en 1535, sous Paul III.

Encore le nouveau Bréviaire parut-il d'abord sous forme de projet soumis au jugement public. Quignonez le déclare lui-même, et il faut l'en croire, il n'avait eu d'autre intention que « d'ouvrir une délibération publique à l'effet de recueillir le jugement de plusieurs ». Ce premier état du Bréviaire de Quignonez est devenu aujourd'hui introuvable, encore que, de février 1535 à juillet 1536, il n'en ait pas paru moins de huit éditions, tant à Rome qu'à Paris, Lyon, Venise et Anvers ; récemment l'Université de Cambridge a eu la bonne pensée d'en donner une réimpression^.

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